POLITIQUE
30/05/2017 02:04 EDT | Actualisé 30/05/2017 06:37 EDT

Racisme: le Parti québécois doit faire une introspection, selon Manon Massé

La porte-parole ne s'est pas dissociée des propos des militants de QS.

QUÉBEC – Le Parti québécois n’est pas raciste, mais il a une « introspection » à faire, a déclaré la porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

Le PQ a envoyé une lettre au Comité de coordination de QS, lundi, afin de lui demander de se dissocier « fermement et publiquement des accusations » de certains délégués présents au dernier congrès du parti solidaire.

Certains avaient critiqué la Charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois, d’autres s’en étaient pris au chef actuel Jean-François Lisée qui a misé sur l’identité vers la fin de la campagne à la direction de son parti.

« Je crois profondément qu’il y a des gens qui ont la peau noire, qu’il y a des gens qui portent un hijab qui sont et qui ont été discriminés et ils et elles associent ça à l’atmosphère qu’a laissé planer au Québec la Charte des valeurs, discriminatoire pour eux autres », a soutenu la porte-parole, mardi matin.

« Il y a une introspection à faire sur les actions qu’il a posées, les impacts que ça a eu… Est-ce que [le Parti québécois] va vers, par exemple, des femmes qui portent le hijab, voir qu’est-ce que [la Charte] a eu comme impact? Il y a des réparations qu’on a tous et toutes à faire, dont notamment ceux qui ont leadé ça. »

Mme Massé, qui fait partie du Comité de coordination de QS, a confirmé que QS allait répondre à la lettre du PQ, après consultation avec les 13 autres membres, mais a refusé de dire quelle serait sa recommandation.

Lisée défend ses militants

Le chef péquiste Jean-François Lisée, pour sa part, soutient que la présidence au congrès de Québec solidaire aurait dû rappeler ses militants à l’ordre. Ne pas se dissocier de leurs propos reviendrait à endosser les accusations de racisme, à son avis.

« Ce que ça veut dire, c’est que tous ceux qui, au Québec, pensent qu’il faut faire des pas en avant pour la laïcité et baliser les accommodements religieux, interdire les signes religieux pour certaines catégories de personnel, sont xénophobes et racistes », a-t-il martelé en mêlée de presse.

Il dit avoir reçu bon nombre de messages de militants péquistes qui en ont « plein le dos » de se faire traiter de « racistes ». « Alors c’est une insulte qui a été ressentie par les 90 000 membres du Parti québécois et par l’immense majorité des Québécois qui sont d’accord avec les mesures qu’on propose. »

Il estime d’ailleurs que les interventions sur le plancher d’un congrès du Parti québécois devraient elles aussi être modérées par la présidence.

La CAQ, de son côté, pense que les gens sont « écoeurés » des chicanes internes entre souverainistes qui se « parlent entre eux ». Le leader parlementaire, François Bonnardel, a simplement dit que « le Parti québécois n’est pas raciste, mais il est difficile à suivre ».

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