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30/05/2017 15:46 EDT | Actualisé 30/05/2017 16:00 EDT

Près de 30 morts dans deux attentats suicide à Bagdad

Près de 30 personnes ont été tuées et une centaine blessées dans deux attentats suicide mardi à Bagdad, au moment où les forces irakiennes progressent lentement face aux jihadistes à Mossoul, plus au nord.

Les deux attentats ont été revendiqués par le groupe jihadiste sunnite Etat islamique (EI), celui-là même qui résiste aux troupes gouvernementales à Mossoul, deuxième ville d'Irak, où le sort de quelque 200.000 civils pris au piège des combats inquiète les organisations internationales.

Ils ont eu lieu en plein ramadan, souvent endeuillé en Irak par des attentats jihadistes qui, pour faire le plus grand nombre possible de victimes, frappent surtout le soir, quand les habitants sortent se promener après le repas de rupture du jeûne.

Mardi peu après minuit, un kamikaze a fait exploser un véhicule piégé devant un marchand de glaces dans le quartier de Karrada (centre), faisant 16 morts et 75 blessés, selon des responsables.

Haidar Hussein, attablé avec des amis à un café près du lieu de l'attaque, raconte avoir vu un policier tenter d'empêcher un pickup blanc d'approcher de la zone, avant d'assister à l'explosion du véhicule.

Le jeune homme de 22 ans a été projeté par terre et blessé au bras et à la jambe, mais son ami Karar n'a pas survécu.

"Beaucoup de personnes étaient par terre, dont des femmes et des enfants", dit-il.

Le groupe jihadiste sunnite a revendiqué l'attaque disant avoir visé visant "un rassemblement de chiites".

- Progression lente -

Quelques heures plus tard, un kamikaze a fait exploser une voiture piégée non loin du principal bâtiment du service des retraites, près d'un important pont de la capitale, a indiqué dans un communiqué le commandement des opérations à Bagdad.

Cet attentat, revendiqué par l'EI, a fait au moins 11 morts et 40 blessés, selon des responsables.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a condamné les attaques, les qualifiant de "scandaleuses".

A Washington, le département d'Etat a lui aussi condamné "les attentats barbares commis par les terroristes de l'EI à Bagdad".

"Ces attaques brutales, dont ont été notamment victimes des enfants innocents qui rompaient le jeûne du ramadan et des personnes âgées venues toucher leur retraite, montrent une fois de plus la sauvagerie gratuite de l'ennemi que nous affrontons", a déclaré dans un communiqué Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat.

Les Etats-Unis "réaffirment leur engagement à soutenir le gouvernement et le peuple d'Irak dans leur lutte contre l'Etat islamique", ajoute le communiqué.

A Paris, la tour Eiffel a été symboliquement éteinte mardi soir pour rendre hommage aux victimes des deux attentats suicide.

A Mossoul, dernier grand fief urbain de l'EI en Irak, les forces gouvernementales soutenues par l'aviation de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis progressaient en direction de la vieille ville, leur ultime objectif, dont la reconquête s'avère ardue.

Soldats, policiers et forces spéciales tentent depuis la semaine dernière de reprendre trois quartiers - Al-Chifaa, Al-Saha et Al-Zinjili - au nord de la vieille ville.

A Al-Chifaa, les troupes avancent lentement. "Le problème est que quatre ou cinq hôpitaux se trouvent dans ce quartier", a dit à l'AFP le général Chaker Kazem Mohsen, précisant que les militaires pouvaient "prendre leur temps pour épargner les infrastructures et les civils".

"Il y a entre 50 et 100 combattants qui se déplacent d'un bâtiment à un autre" à Al-Chifaa, a-t-il précisé.

Selon l'ONU, entre 180.000 et 200.000 civils sont bloqués dans les secteurs tenus par les jihadistes, la majorité dans la vieille ville, un entrelacs de ruelles étroites très peuplées et difficiles d'accès pour les blindés irakiens.

L'aviation irakienne a largué mardi des tracts exhortant les habitants à fuir les zones de combat et les quartiers jihadistes, mais l'ONU s'inquiète de l'impact humanitaire d'un nouvel exode massif.

- 'Civils en danger' -

"Les civils sont probablement bien plus en danger aujourd'hui, dans les toutes dernières étapes" des opérations militaires, a affirmé la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak, Lise Grande.

Selon elle, "les médicaments sont très rares, il y a d'importantes pénuries d'eau potable et les stocks de nourriture sont très limités". Et "les familles qui tentent de fuir sont souvent prises pour cible par des tireurs embusqués".

Les forces irakiennes mènent depuis mi-octobre l'offensive pour reconquérir Mossoul, tombée en juin 2014 aux mains de l'EI et où son chef Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa seule apparition publique en juillet de la même année.

Après la reprise fin janvier de l'est de la ville, elles se sont lancées en février à l'assaut de la partie occidentale, reprise à près de 90% selon le commandement irakien.

En sept mois, 760.000 civils ont quitté Mossoul, dont environ 150.000 sont déjà retournés chez eux, selon Mme Grande.

Le Programme alimentaire mondial a affirmé mardi avoir "identifié des signes préoccupants d'une augmentation du taux de malnutrition parmi les enfants de Mossoul-Ouest récemment déplacés".

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