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30/05/2017 08:46 EDT | Actualisé 30/05/2017 09:00 EDT

Pays-Bas : le Sénat approuve le compromis sur l'accord d'association UE-Ukraine

Le Sénat néerlandais a entériné mardi le compromis sur l'accord d'association UE-Ukraine obtenu par le Premier ministre Mark Rutte à Bruxelles, un vote qui donne le feu vert à la ratification du traité par l'Union européenne.

"Le projet de loi est accepté", a déclaré la présidente du Sénat Ankie Broekers-Knol à l'issue du vote à 50 voix contre 25.

"Il s'agit là de la dernière étape parlementaire", a expliqué Gert Riphagen, porte-parole de la Chambre haute du Parlement.

Les Pays-Bas sont le seul Etat membre de l'Union européenne à ne pas avoir encore ratifié cet accord d'association visant à renforcer le dialogue politique et les échanges économiques entre l'Union européenne et l'Ukraine.

Plus d'un an après le rejet du texte par les citoyens néerlandais lors d'un référendum, "notre accord d'association (...) fait maintenant un pas de plus vers sa ratification", a réagi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans un communiqué.

Ce vote au Sénat "envoie un signal important de la part des Pays-Bas et de l'Union européenne entière à nos amis ukrainiens : la place de l'Ukraine est en Europe", a-t-il souligné.

Le président de la Commission européenne souhaite que le processus de ratification du traité soit conclu "rapidement, à temps pour le Sommet UE-Ukraine en juillet".

L'UE, qui entend ainsi se rapprocher de l'Ukraine, a imposé des sanctions économiques à la Russie après l'annexion en 2014 par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée et le soutien qu'elle est accusée d'avoir apporté aux rebelles séparatistes de l'est de l'Ukraine.

Selon le ministère néerlandais des Affaires générales, l'accord d'association devrait être ratifié par le roi d'ici jeudi, avant de l'être à Bruxelles.

Les institutions européennes s'attendent à ce que l'accord UE-Ukraine entre en vigueur le 1er septembre, relèvent les autorités néerlandaises.

- 'Choix civilisationnel' -

Après le vote du Sénat, le président ukrainien Petro Porochenko a remercié les Pays-Bas. "Le chemin jusqu'à ce point était long et bien plus compliqué que ce que l'Ukraine n'avait imaginé", a-t-il précisé sur sa page Facebook. "Gloire à l'Europe ! Gloire à l'Ukraine !".

Pour M. Porochenko, qui évoque une "garantie de notre liberté, de notre indépendance et de notre intégrité territoriale", "l'Europe est notre choix civilisationnel".

Mais d'après Moscou, "la ratification de ce fameux accord va donner aux autorités de Kiev encore un peu de temps pour continuer à abreuver les Ukrainiens de fables sur un +avenir européen radieux+", a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, citée par l'agence publique TASS.

"Kiev va continuer de feindre de ne pas entrevoir la transformation rapide de l'Ukraine d'un Etat industriel développé en un appendice agraire et source de matières premières de l'UE", a-t-elle poursuivi. "L'espoir repose sur la sagesse du peuple ukrainien, qui sera en mesure de tout comprendre".

Quelque 60% des Néerlandais avaient rejeté le traité à l'occasion d'un référendum consultatif convoqué par des groupes eurosceptiques en avril 2016.

En décembre 2016, un compromis avait été trouvé avec les partenaires européens. Le texte négocié à Bruxelles prévoit que le traité d'association n'offre "pas un tremplin vers l'adhésion à l'UE, même à l'avenir, pas d'accès à notre marché du travail, pas de collaboration en termes de défense, pas d'argent" et "vise surtout à lutter contre la fraude et la corruption en Ukraine", avait alors expliqué le Premier ministre sortant Mark Rutte.

Avant d'être approuvé par le Sénat, le texte l'avait été en février par la Chambre basse du Parlement avec le soutien de 89 députés sur 150.

Mark Rutte, qui joue les équilibristes depuis le référendum, a répété mardi dernier au cours d'un débat devant le Sénat que le texte obtenu à Bruxelles répondait aux "inquiétudes les plus grandes du public néerlandais". Il avait également été à nouveau critiqué par ses opposants, ceux-ci l'ayant accusé de contourner une décision du peuple.

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