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30/05/2017 04:42 EDT | Actualisé 30/05/2017 05:00 EDT

Les taxis espagnols en grève pour la restriction des VTC

Des milliers de chauffeurs de taxis ont fait grève mardi à Madrid et à Barcelone pour exiger la restriction des activités des sociétés de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) comme Uber ou l'espagnole Cabify.

L'arrêt de travail, lancé à six heures du matin, devait durer 24 heures à Barcelone et 12 heures à Madrid.

Dans le centre de la capitale, les conducteurs de taxis ont manifesté à partir de la gare d'Atocha, où était installée une grande pancarte: "les taxis exigent le respect de la loi: 1 VTC pour 30 taxis". La proportion serait actuellement de 7 VTC pour un taxi, selon l'un des manifestants, David Parrilla.

"Notre chiffre d'affaires baisse, on doit travailler beaucoup plus d'heures" pour y arriver, témoignait ce manifestant, disant avoir payé sa licence 150.000 euros il y a cinq ans pour pouvoir travailler à Madrid où opèrent 15.700 taxis.

Ce manifestant expliquait que sa femme et lui se relayaient à présent au volant, pour que le taxi circule 16 heures par jour.

Les syndicats de taxis accusent notamment les compagnies de VTC de ne pas respecter la norme leur imposant de travailler uniquement sur réservation et non pas à la maraude.

Ils assurent que "l'avenir de 100.000 familles est en jeu en Espagne" du fait de "la concurrence déloyale" de ces services.

L'américaine Uber, dont l'activité avait été suspendue par la justice espagnole en 2014, était revenue à Madrid en mars 2016 avec un service plus réglementé.

Le ministère espagnol de l'Equipement avait promis lundi de "renforcer les contrôles des entreprises".

La grève a contrarié mardi des voyageurs qui n'en étaient pas informés: "Je suis arrivé à Madrid pour mon premier jour de travail et je ne savais rien", se plaignait Matias Partanen, Finlandais de 25 ans, tenu de se rabattre sur le métro.

L'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne a estimé ce mois-ci que Uber devait disposer de licences et agréments au même titre que les taxis ordinaires pour pouvoir exercer.

Mais la cour doit encore rendre son avis, demandé par un juge de Barcelone saisi par une association de chauffeurs de taxis qui accusent Uber de concurrence deloyale.

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