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30/05/2017 11:27 EDT | Actualisé 30/05/2017 11:50 EDT

L'action de Kinder Morgan Canada recule à sa 1ère séance à la Bourse de Toronto

CALGARY — L'action de Kinder Morgan Canada retraitait mardi après-midi, à sa première journée d'inscription à la Bourse de Toronto, alors que régnait une certaine incertitude politique quant à l'avenir du projet phare de l'entreprise, soit l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain.

Les nouvelles actions (TSX:KML) ont glissé jusqu'à 15,75 $ avant de prendre du mieux et regagner 16,11 $ en après-midi. Cela représentait tout de même une baisse de 5,24 pour cent par rapport au prix de départ du premier appel public à l'épargne (PAPE), soit 17 $.

L'entrée en Bourse, évaluée à 1,75 milliard $, semblait être la quatrième plus importante de l'histoire de la Bourse de Toronto. Kinder Morgan a dit avoir répondu aux dernières exigences pour qu'elle puisse aller de l'avant avec l'expansion de Trans Mountain.

La société de Houston avait initialement prévu un prix plus élevé pour l'action, soit entre 19 $ et 21 $, lorsque les plans préliminaires pour l'émission d'actions avaient été dévoilés.

Mais depuis ce moment, l'avenir du projet d'expansion de Trans Mountain s'est assombri quelque peu. Deux partis politiques opposés au pipeline, le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique, ont annoncé lundi avoir conclu un accord qui pourrait mener à la formation d'un gouvernement néodémocrate minoritaire en Colombie-Britannique.

Les deux partis se sont prononcés contre l'expansion de Trans Mountain, qui verrait la capacité d'un oléoduc de 1150 kilomètres reliant Edmonton à Burnaby, en Colombie-Britannique, quasiment tripler pour atteindre 890 000 barils de pétrole par jour.

Le président de Kinder Morgan Canada, Ian Anderson, a émis un communiqué mardi pour louer les vertus du premier appel public à l'épargne, sans évoquer les défis politiques qui pourraient survenir.

«C'est une journée excitante pour nos clients, pour nos collectivités et pour plusieurs individus qui compte sur ce projet pour livrer des emplois et des bénéfices économiques à leurs communautés», a affirmé M. Anderson.

«L'obtention de ce financement pour le projet démontre le besoin et l'intérêt, pour le Canada, d'avoir un meilleur accès aux marchés mondiaux.»

De passage à Rome, en Italie, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a défendu la décision du gouvernement fédéral d'avoir approuvé le projet de 7,4 milliards $.

«La décision que nous avons prise sur l'oléoduc Trans Mountain était fondée sur des faits quant aux meilleurs intérêts des Canadiens», a affirmé M. Trudeau.

«Quel que soit le gouvernement en Colombie-Britannique ou ailleurs, les faits et les données ne changent pas.»

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a publié un communiqué pour indiquer que le gouvernement provincial restait «fermement engagé» à utiliser tous les moyens à sa disposition pour que le projet soit complété.

L'analyste Kristopher Zack, de Desjardins Marché des capitaux, a estimé dans une note que l'entente entre les verts et les néodémocrates ajoutait une couche d'incertitude pour l'industrie canadienne du pétrole et du gaz naturel.

M. Zack a affirmé que le ton général des deux partis était moins pro-entreprises que celui des libéraux, mais qu'il considérait que les oléoducs étaient soumis à une plus forte pression que le développement du gaz de schiste.

«Notre principale inquiétude est l'avenir de l'expansion de Trans Mountain, qui a été une importante source de conflit dans la province et qui a fait l'objet de critiques de la part des deux partis», a écrit M. Zack.

La construction du projet d'expansion devrait commencer en septembre, a précisé Kinder Morgan Canada.