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30/05/2017 02:28 EDT | Actualisé 30/05/2017 02:40 EDT

Italie: accord en vue entre les principaux partis pour des élections à l'automne

Un accord entre les principaux partis italiens est en vue pour établir un scrutin proportionnel à l'allemande et organiser des élections anticipées à l'automne, qui inquiètent déjà les marchés financiers.

Alors que le mandat du Parlement court jusqu'au début de 2018, l'hypothèse d'élections anticipées revient régulièrement depuis la cinglante défaite de l'ancien chef du gouvernement Matteo Renzi au référendum constitutionnel de décembre.

Mais le président de la République, Sergio Mattarella, exige un cadre électoral clair avant toute dissolution du Parlement, et les tractations durent depuis des mois.

Or, le Parti démocrate (PD, centre-gauche, au pouvoir), le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste), Forza Italia (FI, centre-droit) et la Ligue du Nord (anti-euro et immigration) semblent désormais d'accord sur un retour à un scrutin proportionnel sur le modèle allemand.

La moitié des sièges seraient pourvus au scrutin uninominal à un tour tandis que l'autre moitié serait attribuée pour assurer une représentation proportionnelle à tous les partis ayant dépassé la barre des 5%.

Ce seuil provoque cependant la fureur des petits partis essentiellement centristes qui perdraient leurs poignées d'élus souvent essentiels aux coalitions gouvernementales des dernières décennies.

Les militants du M5S ont validé ce projet par un vote sur internet ce weekend, tandis que M. Renzi et Silvio Berlusconi, chefs du PD et de FI, sont, selon la presse, en contact direct pour présenter un projet de loi électorale dès la semaine prochaine. Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, se dit prêt à accepter n'importe quel mode de scrutin pour aller aux urnes le plus vite possible.

Selon la presse, M. Renzi veut des législatives le 24 septembre, comme en Allemagne, mais une date en octobre serait plus réaliste.

Cette perspective inquiète les milieux économiques: la bourse de Milan a perdu 2% lundi.

Des élections à l'automne compliqueraient en effet fortement l'adoption d'un budget pour 2018, d'autant que selon les sondages actuels, le scrutin proportionnel risque de ne faire émerger aucune majorité stable.

Le PD et M5S font à peu près jeu égal dans les sondages aux alentours de 30%, et pourraient être contraints de former des alliances qu'ils refusent pour l'instant catégoriquement, le premier avec FI, le second avec la Ligue du Nord.

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