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30/05/2017 04:16 EDT | Actualisé 30/05/2017 04:40 EDT

France: un deuxième ministre en cause en plein chantier sur l'éthique politique

La ministre française des Affaires européennes, visée par une enquête préliminaire sur des soupçons d'emplois fictifs au parlement européen, a démenti toute irrégularité et déposé plainte mardi pour dénonciation calomnieuse.

Cette affaire s'ajoute aux remous causés la semaine dernière par une opération immobilière menée en 2011 par un autre ministre, alors que le nouveau gouvernement nommé par Emmanuel Macron prépare un texte de loi sur la moralisation de la vie politique française.

La ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez est visée par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour "abus de confiance" après qu'une eurodéputée du Front national (FN, extrême droite), Sophie Montel, a dénoncé 19 de ses collègues français, dont Marielle de Sarnez, sur des soupçons d'emplois fictifs sur des postes d'assistants parlementaires.

La ministre a annoncé sur Twitter avoir porté plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre cette eurodéputée.

Mme de Sarnez a aussi démenti toute irrégularité: la situation de l'assistante visée "a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen" et son travail "a été accompagné de rapports d'activité réguliers et consultables", souligne-t-elle dans un communiqué.

Alors que le nouveau président Emmanuel Macron a fait de la moralisation de la vie politique une priorité, l'opposition ne relâche pas ses attaques contre un autre membre du gouvernement, le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, épinglé pour une opération immobilière sujette à caution remontant à 2011.

La semaine dernière, l'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné a révélé que l'épouse de M. Ferrand avait bénéficié de l'attribution d'un marché de location d'une mutuelle d'assurance quand il en était le directeur général. Un autre volet concerne l'embauche de son fils quelques mois comme collaborateur parlementaire.

M. Ferrand assure qu'il n'est "coupable de rien, ni sur le plan légal ni sur le plan moral". Saisie, la justice française a estimé qu'à ce stade il n'y avait pas matière à enquêter.

Le Premier ministre Edouard Philippe a affiché sa confiance et affirmé que les électeurs seraient "le juge de paix" du ministre, candidat aux législatives des 11 et 18 juin.

La campagne de la présidentielle a été polluée par les affaires, avec la mise en examen du candidat de la droite François Fillon pour détournement de fonds publics dans une affaire d'emplois fictifs au profit de sa famille.

Par ailleurs, deux assistants euro-parlementaires du FN ont été mis en examen dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs pour un préjudice potentiel évalué par le Parlement européen à près de cinq millions d'euros. La patronne du FN Marine Le Pen refuse de répondre à la convocation des juges avant la fin des législatives.

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