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30/05/2017 04:24 EDT | Actualisé 30/05/2017 04:40 EDT

Espagne/corruption: Rajoy témoignera au tribunal le 26 juillet

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, devra se rendre au tribunal le 26 juillet pour témoigner dans le procès d'un réseau tentaculaire de corruption ayant impliqué son parti, a annoncé mardi la justice.

Bien qu'il ne soit pas mis en cause dans l'affaire, Mariano Rajoy sera le premier président du gouvernement en exercice à comparaître devant un tribunal.

Les juges de l'Audience nationale, haut tribunal chargé notamment des affaires de corruption, ont décidé de "citer le témoin M. Mariano Rajoy Brey le 26 juillet 2017 à 9H30 à comparaître devant le tribunal à son siège de San Fernando de Henares", non loin de Madrid, selon la décision de justice consultée par l'AFP.

Mariano Rajoy devra témoigner dans le procès du tentaculaire réseau "Gürtel" de détournement de fonds publics, dirigé par l'homme d'affaires Francisco Correa.

Ce dernier a avoué avoir payé des dessous de table et offert des cadeaux à des membres du Parti populaire (PP, conservateur) de M. Rajoy pour remporter des marchés publics.

Trente-sept personnes, en jugement depuis octobre, sont soupçonnées d'avoir participé à ces détournements de fonds entre 1999 et 2005, dont d'anciens élus et responsables du PP, présidé par M. Rajoy depuis 2004.

Les juges précisent qu'ils interrogeront Mariano Rajoy "en raison des responsabilités qu'il avait au PP" et qu'il "ne comparaîtra pas comme président du gouvernement mais comme un citoyen espagnol".

La cour accepte néanmoins de "prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver son image institutionnelle", sans préciser lesquelles.

"Je suis ouvert à ce que décideront les tribunaux", a réagi le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse au Portugal.

Mariano Rajoy n'a jamais reconnu de responsabilités dans l'affaire Gürtel.

Les nombreuses affaires de corruption ayant éclaboussé le PP ces dernières années lui ont fait perdre en 2015 sa majorité absolue au Parlement et dans plusieurs régions qu'il gouvernait jusqu'ici sans partage.

Le chef du gouvernement avait demandé à témoigner par visioconférence, mais les juges ont refusé, décrétant que "les raisons invoquées ne sont pas ni pertinentes et n'empêchent le témoin de se rendre devant le Tribunal".

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