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30/05/2017 02:20 EDT | Actualisé 30/05/2017 02:40 EDT

Dames - Ligue des champions: ce que le PSG doit à Patrice Lair

Unai Emery aurait aimé en faire autant. Entraîneur à forte personnalité, Patrice Lair a qualifié le PSG, dès sa première année en poste, pour la finale de la Ligue des champions féminine. Ce sera jeudi à Cardiff contre Lyon, club qu'il cornaquait auparavant (2010-14).

Le natif de Saint-Brieuc (Bretagne), qui aura 56 ans en juin, est une forte tête. Interrogé mi-avril par le site Goal.com sur son caractère, il reconnaît qu'"il y a des clubs qui ne (l)'ont pas pris pour ça."

Sollicitée par l'AFP, son agente, Sonia Souid, confirme volontiers: "C'est vrai qu'il est connu pour être caractériel", explique-t-elle tout en mettant en valeur "cette force de caractère qu'il arrive très bien à transmettre". "Ca déplait à certains présidents, mais ça plait à d'autres".

A Paris, Lair, furieux, avait présenté sa démission en janvier, "dégoûté" par un couac administratif. Une joueuse alignée alors qu'elle n'était pas sur la feuille de match avait coûté un retrait de points. Lair restera finalement, après avoir obtenu des promesses de renforts au mercato d'hiver et d'amélioration du quotidien de son équipe.

A Paris, c'est le directeur sportif Olivier Létang (qui fait actuellement ses valises) qui l'a fait venir. Les deux hommes se sont connus à Reims, où Létang était joueur puis dirigeant et Lair entraîneur adjoint de Marc Collat (de 2001 à 2003).

Le challenge était compliqué entre des joueuses cadres en partance (Jessica Houara, Caroline Seger) et une humiliation sur la scène européenne (7-0 puis 1-0 face à l'Olympique lyonnais, en demi-finales) à digérer.

- Réussite exceptionnelle -

Mais Lair, arrivé de Lyon avec son adjoint Florent Ghisolfi et un préparateur physique japonais de renom, Toru Ota, ne connaît pas de saison de transition, contrairement à son homologue de la section masculine.

"Il avait un effectif qui comprend des joueuses talentueuses, mais limité par rapport à l'Olympique lyonnais", souligne Sonia Souid, qui rappelle que la finale de la Coupe de France, perdue aux tirs au but par le PSG face à Lyon dix jours avant la finale de la C1, a été "très serrée".

La carrière de l'énergique Breton ne saurait toutefois se résumer à sa casquette d'entraîneur têtu. Il s'appuie sur une réussite exceptionnelle comme coach, à Lyon avec qui il a remporté quatre championnats (de 2011 et 2014) et surtout deux Ligues des champions (2011 et 2012), mais aussi à Montpellier.

Il y a débuté sa carrière d'entraîneur chez les féminines, et y a glané deux Challenges de France féminin (2007, 2009), avant que la compétition ne soit renommée Coupe de France féminine en 2011. Le président Louis Nicollin, qui l'avait fait venir du club picard de division d'honneur, Villeneuve Saint-Germain, l'apprécie beaucoup.

- "Stratège" -

"C'est un vrai stratège, on sait exactement ce qu'on doit faire sur le terrain en fonction des situations", plaide aussi, dans un entretien au magazine So Foot, la défenseure Sabrina Delannoy, qui prendra sa retraite après la finale. "Dans son management, il arrive à nous transmettre que rien n'est impossible et c'est une vraie force."

Ca tombe bien: jeudi, la victoire, ardue sur le papier face aux tenantes du titre, sera impérative pour le PSG. D'abord parce que, à la suite de son retrait de points, il a terminé troisième du championnat et qu'un succès en Ligue des champions est sa dernière chance de disputer la compétition européenne la saison prochaine.

Mais aussi - surtout? - parce que l'exigeant coach du PSG guigne un titre pour sa première saison à Paris et que, selon son agente, il "ne se plait qu'au travers de la victoire".

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