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30/05/2017 17:03 EDT | Actualisé 30/05/2017 17:20 EDT

Brésil: la justice autorise l'interrogatoire du président Temer

La Cour suprême fédérale (STF) du Brésil a donné son feu vert mardi pour que le président Michel Temer puisse être interrogé dans le cadre des enquêtes pour corruption le visant et qui ont déclenché une tourmente politique dans le pays.

Rapporteur de l'opération "Lavage-Express" au STF, le juge Edson Fachin a ordonné que l'interrogatoire soit "effectué par écrit", selon un communiqué de la plus haute juridiction du pays, précisant que M. Temer aura 24 heures pour répondre aux questions formulées par les enquêteurs.

L'opération "Lavage-Express", lancée il y a trois ans, a révélé un vaste réseau de corruption orchestrée par des entreprises du bâtiment pour truquer systématiquement les marchés publics, notamment ceux du géant pétrolier étatique Petrobras. Cette enquête tentaculaire a déjà mis des dizaines de chefs d'entreprise et politiciens de tous bords sous les verrous.

Un an après avoir succédé à Dilma Rousseff (gauche), destituée pour maquillage des comptes publics, le mandat de Michel Temer ne tient pourtant qu'à un fil depuis la révélation il y a deux semaines d'un enregistrement compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

Visé par une enquête pour corruption passive et obstruction passive, Michel Temer fait aussi l'objet de plusieurs motions de destitution déposées au Parlement.

Mais le chef de l'État refuse catégoriquement de démissionner et a réitéré sa ferme intention de maintenir le cap des réformes visant à sortir le pays de la récession.

Son destin pourrait aussi être scellé par le Tribunal supérieur électoral (TSE), qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de la campagne de 2014 menée au côté de Mme Rousseff.

Touchés de plein fouet par la crise et un taux de chômage supérieur à 14%, les Brésiliens sont exaspérés par les scandales à répétition qui éclaboussent la classe politique, dont plusieurs ministres de M. Temer.

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