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29/05/2017 23:34 EDT

Agrandissement de l'aérogare de Rouyn-Noranda : début des travaux dès cet été

Le conseil municipal de Rouyn-Noranda a confirmé que les travaux d'agrandissement de l'aérogare iraient de l'avant dès cet été. Lors de la séance de lundi soir, les conseillers ont approuvé une dépense de près de 2,5 millions de dollars pour la réfection du réseau de distribution électrique.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Il s'agit des premiers travaux à être autorisés depuis la confirmation de la participation financière des gouvernements fédéral et provincial, à hauteur de 12,4 millions de dollars chacun provenant du Fonds Chantiers Canada-Québec. Quelque 700 000 dollars du programme fédéral d'aide aux immobilisations aéroportuaires s'ajoutent. La participation municipale au projet de 40 millions de dollars sera donc de l'ordre de 15,2 millions de dollars.

Une confirmation qui tombe à point pour réaliser des travaux dès cet été

Le maire de Rouyn-Noranda, Mario Provencher, explique que la confirmation reçue des deux paliers de gouvernement permet de financer les deux tiers des dépenses admissibles.

« En temps normal, ça aurait dû être annoncé il y a trois semaines, mais il y a toujours une question d'agenda qui ne fonctionne pas, a indiqué le maire, qui a reçu la correspondance du gouvernement la semaine dernière. L'annonce se fera plus tard. Là oui, vous commencez vos travaux, on a octroyé un contrat de 2,3 millions et si on n'avait pas eu cette entente-là, je ne pouvais pas financer avec ces subventions-là, ça veut dire que ça aurait été 100 % à la charge des citoyens de Rouyn-Noranda. »

Mario Provencher ajoute qu'au cours des prochains jours, la Ville doit trouver un chargé de projet et préciser l'appel d'offres pour la réalisation d'un hangar temporaire pendant la durée des travaux.

Une opportunité pour attirer d'autres transporteurs à Rouyn-Noranda?

Le maire de Rouyn-Noranda n'exclut pas de profiter de l'agrandissement de l'aéroport pour travailler à améliorer la compétitivité parmi les transporteurs aériens.

Mario Provencher indique que des efforts sont déjà déployés en ce sens. Il cite notamment l'Union des municipalités du Québec (UMQ), qui vient de mener une étude comparative sur le coût du billet d'avion pour un vol régional qui démontre que ce prix est 55 % plus élevé au Québec que dans les autres provinces. Il pense aussi au sommet sur le transport aérien régional qui sera organisé par le gouvernement en février 2018, à Lévis.

S'il priorise le service aux entreprises plutôt qu'aux particuliers, Mario Provencher croit cependant que l'agrandissement de l'aérogare est une opportunité de réfléchir en ce sens également.

« Moi ma priorité, c'est mon Raglan, c'est Éléonore, c'est Hydro-Québec. Ça, c'est ma business. Le loisir, c'est autre chose, c'est un supplément et oui il faut l'amener, fait-il valoir. Mais le problème qu'on a, c'est un problème de cohabitation. Il y en a un qui s'en va dans le sud, l'autre qui s'en va dans le nord, donc les conditions ne sont pas pareilles », poursuit-il citant par exemple les exigences qui diffèrent pour les voyageurs au Canada et à l'étranger.

Un poste de douanes « volant » pour desservir l'international?

Le maire mentionne d'ailleurs qu'il n'est pas exclu que d'autres destinations canadiennes s'ajoutent à l'offre disponible à Rouyn-Noranda. Il cite notamment Porter, qui a déjà démontré de l'intérêt pour desservir Rouyn-Noranda. Concernant les vols internationaux, il ajoute que des pourparlers sont déjà en cours quant à l'implantation d'un poste de douanes dans la région.

« Les pourparlers ont commencé et on va le travailler de façon régionale. On a eu une rencontre à l'UMQ il y a un mois et demi. C'est toujours dans les projets, dans l'air. Ce qu'on regarderait, c'est Rouyn, Val-d'Or, Bagotville, peut-être Spet-Îles, qu'il y ait une équipe volante qui se déplace. Ils sont très frileux, moi et Bagotville, quand on en a parlé avec [l'Agence des services frontaliers], mais ils n'ont pas dit non... »

La Ville sollicite le tribunal pour une servitude par expropriation

Par ailleurs, le conseil municipal a entamé la procédure administrative de servitude par expropriation pour pouvoir réaliser des travaux pour un nouveau système d'approche. Le maire explique qu'il n'a pas été possible de s'entendre avec le propriétaire du terrain pour un droit de passage où il faut tailler la cime des arbres pour permettre l'atterrissage des avions.

« On n'est pas capables d'avoir la servitude, donc à ce moment-là, on se sert des moyens légaux pour aller chercher l'autorisation que le juge va nous donner pour faire ça. Il y a une partie de terrain qui va être expropriée. Nous on ne veut pas avoir tout ce qu'il y a là, nous on veut avoir le corridor où l'avion va passer. »

Si l'échéancier est respecté, la nouvelle aérogare devrait être fonctionnelle à partir de 2020.