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26/05/2017 10:00 EDT | Actualisé 26/05/2017 15:49 EDT

Traité de Paris sur le climat: l'opinion de Donald Trump «évolue»

TAORMINE, Italie — Les leaders européens ont lancé une ultime offensive pour convaincre le président américain Donald Trump de ne pas déchirer l'accord de Paris sur les changements climatiques et celle-ci semble porter ses fruits.

Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, a déclaré vendredi que l'opinion du président américain «évolue» à mesure que celui-ci discute du traité de Paris avec les dirigeants européens.

Il a ajouté que le président Trump «se sent beaucoup mieux renseigné sur la question» après avoir parlé, vendredi, de l'accord de Paris avec les dirigeants du G7 réunis en sommet en Sicile, en Italie.

L'avenir de cet accord mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre est au centre des discussions au sommet des sept plus grands pays industrialisés qui se termine samedi.

Préalablement, le président français Emmanuel Macron a abondamment parlé d'enjeux environnementaux avec son homologue américain lors d'un face-à-face qui s'est tenu jeudi à Bruxelles.

Et lors de son passage au Vatican, plus tôt cette semaine, Donald Trump n'a pas manqué de se faire semoncer par le pape lui-même et par le cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, quant à l'importance de la lutte au réchauffement de la planète.

Au terme des discussions tenues vendredi au sommet du G7, le premier ministre italien Paolo Gentiloni a soutenu que six pays membres du G7 — l'Italie, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, le Canada et le Japon — ont confirmé «leur engagement et leur détermination» envers le traité de Paris.

Les États-Unis ont, pour leur part, affirmé poursuivre «une période de réflexion» relativement à cet enjeu, a rapporté M. Gentiloni.

La Maison-Blanche n'a pas encore clairement fait part de son intention à ce sujet, bien que Donald Trump ait clairement énoncé en campagne électorale qu'il retirerait les États-Unis de l'accord de Paris s'il était élu président.

Cette tergiversation laisse une lueur d'espoir aux dirigeants européens qui y voient une occasion pour convaincre le président américain des bienfaits de la lutte aux changements climatiques.

Les premiers mois de la présidence de Trump ont démontré que l'ancien magnat de l'immobilier accepte de changer d'idée et qu'il se laisse, par moments, influencer par d'autres dirigeants mondiaux.

Il a notamment reculé sur la question des échanges commerciaux avec la Chine après avoir rencontré le président chinois Xi Jinping et il a abandonné ses critiques relativement au respect des droits de la personne en Arabie saoudite après avoir été chaleureusement accueilli dans le royaume saoudien plus tôt cette semaine.

La question de savoir s'il faut ou non honorer la signature de Barack Obama au bas du traité de Paris crée de nombreux déchirements à Washington. Plusieurs rencontres à ce sujet ont été remises à plus tard et des conseillers du président Trump ont ultimement déclaré que celui-ci ne prendrait sa décision finale qu'à son retour d'Europe.

Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, a soutenu que le président «voulait entendre ce que les Européens ont à dire».

Un compromis entre les différentes forces en présence à Washington pourrait être de maintenir les États-Unis dans l'accord de Paris, mais de demander une diminution des cibles américaines de réduction des gaz à effet de serre.

M. Cohn a commencé à parler plus ouvertement de cette possibilité à bord de l'avion présidentiel qui menait Donald Trump de Bruxelles au sud de l'Italie, jeudi soir.

«Les cibles fixées dans l'accord de Paris sont des niveaux d'émissions qui nuiraient à notre croissance économique», a-t-il dit, avant de soulever la possibilité de renégocier ces plateaux.

Puis, il a ajouté que l'exploitation du charbon comme source d'énergie ne fait «presque plus de sens», alors que le gaz naturel est «tellement plus propre», et que les États-Unis pourraient devenir une superpuissance environnementale en investissant dans les énergies solaires et éoliennes.

Près de 200 pays font partie de l'accord de Paris et ils ont tous établi eux-mêmes leurs cibles d'émissions, qui ne sont pas contraignantes juridiquement.

Lors de la signature de l'accord il y a deux ans, les États-Unis avaient signifié leur intention de réduire, d'ici 2025, leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 pour cent en deçà des niveaux de 2005, ce qui représente une réduction d'environ 1,6 milliard de tonnes d'émissions annuellement.

Un fonctionnaire français senior a révélé que le président français Emmanuel Macron et le président Trump ont longuement parlé de l'accord de Paris lorsque les deux hommes se sont assis ensemble jeudi. La discussion n'a laissé transparaître aucun «désaccord» relativement à l'accord même, a-t-il rapporté, mais des «différences» quant à son application ont été décelées.

Le président Macron n'avait pourtant pas manqué, en campagne électorale, de critiquer les menaces de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Paris. Il avait même invité les scientifiques qui se sentaient aliénés par l'administration républicaine à venir travailler en France.

Le pape François n'a pas non plus manqué de subtilité en offrant au président Trump son encyclique publiée en 2015 sur la nécessité de protéger l'environnement.