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26/05/2017 18:31 EDT | Actualisé 26/05/2017 18:48 EDT

Royaume-Uni: Jeremy Corbyn lie terrorisme et guerres en sol étranger

LONDRES — Quatres jours après l'attentat-suicide qui a plongé le Royaume-Uni dans le deuil, les campagnes électorales ont repris, vendredi, alors que le chef de l'opposition a établi un rapprochement entre les actes de terrorisme en sol britannique et les guerres à l'étranger, comme celle en Libye.

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a prêté le flanc à la critique en récupérant politiquement l'attaque qui a fait 22 morts lundi dernier, à Manchester.

M. Corbyn a avancé que si elle accédait au pouvoir, sa formation modifierait la politique étrangère du pays en renonçant à la «guerre contre le terrorisme».

Le 8 juin prochain, les Britanniques se rendront aux urnes pour la troisième fois en deux ans, après l'élection générale de 2015 et le référendum de 2016.

M. Corbyn traîne derrière la première ministre Theresa May dans les sondages, mais le socialiste de 67 ans a pris du galon au cours de la dernière semaine.

Tous deux avaient suspendu leur campagne électorale pour rendre hommage aux victimes de l'attentat qui a ciblé un concert d'Ariana Grande.

«Plusieurs experts, dont des professionnels de nos services de renseignement et de sécurité, ont souligné les liens entre les guerres qu'a appuyées notre gouvernement ou qu'il a entreprises dans d'autres pays, comme la Libye, et le terrorisme ici à la maison», a-t-il lancé à l'occasion de son tout premier discours depuis la tragédie.

Son présumé responsable, Salman Abedi, est lui-même rattaché à la Libye. Ses parents y sont nés et y ont vécu avant d'immigrer en sol britannique, au début des années 1990. Ils sont ensuite retournés dans leur terre natale avec quelques-uns de leurs enfants. Salman Abedi s'y rendait parfois pour leur rendre visite.

La première ministre Theresa May, qui se trouvait en Sicile à l'occasion du sommet du G7, a tiré à boulets rouges sur M. Corbyn.

Elle a avancé que tandis qu'elle tentait de rallier les leaders mondiaux autour de la lutte contre le terrorisme, son adversaire portait le blâme sur le Royaume-Uni. Elle lui a également reproché d'avoir tenu ces propos «à peine quelques jours après l'une des pires attaques terroristes» de l'histoire du pays.

«Il ne peut jamais au grand jamais y avoir d'excuse pour le terrorisme», a-t-elle martelé, ajoutant que «le choix auquel le peuple fait face pour cette élection est devenu plus flagrant».

Bien que Corbyn risque ainsi d'aliéner certains électeurs, il semble tenter de reconquérir les nombreux sympathisants travaillistes qui ont abandonné le parti après que le premier ministre Tony Blair eut décidé de prendre part à l'invasion américaine de l'Irak, en 2003.

À la suite de son appui du président américain George W. Bush, plus d'un million de protestataires avaient déferlé dans les rues du Royaume-Uni. Face à l'absence apparente des armes de destruction massive qui avaient été évoquées pour justifier cette guerre, la popularité de Tony Blair s'était effritée.

Dans le cadre de la prochaine élection générale, l'impact de l'attentat de lundi — le pire depuis plus d'une décennie en sol britannique — reste toutefois à déterminer.