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26/05/2017 09:09 EDT | Actualisé 26/05/2017 09:20 EDT

La France allège la répression de l'usage du cannabis

L'usage de cannabis en France, jusqu'ici passible de prison, sera réprimé d'ici la fin de l'année par des contraventions, comme promis pendant sa campagne par Emmanuel Macron, mais cette mesure n'équivaudra pas à une dépénalisation, a prévenu vendredi le porte-parole du gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé la mise en place dans les prochains mois de contraventions pour usage de drogue, actuellement passible d'un an de prison et 3.750 euros d'amende.

"L'année dernière, 180.000 personnes ont été constatées en infraction d'usage de stupéfiants. En moyenne c'est six heures de procédure pour le policier ou le gendarme, autant pour le magistrat chargé du dossier. In fine il y a eu 20.000 rappels à la loi ou injonctions thérapeutiques. Est-ce que le système est efficace? Non", a fait valoir vendredi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

"Ce qui compte aujourd'hui c'est d'être efficace, et surtout de désengager du temps de travail de nos policiers et de nos gendarmes pour qu'ils soient plus présents sur des affaires essentielles", a-t-il ajouté.

La contravention, "ce n'est pas de la dépénalisation", a toutefois insisté M. Castaner, rappelant qu'Emmanuel Macron "n'a pas souhaité ouvrir ce débat-là, car consommer des stupéfiants reste grave et dangereux pour la santé".

Sous le quinquennat précédent, le socialiste François Hollande s'était déjà refusé à s'engager vers une dépénalisation, source infinie de divisions à gauche comme à droite.

En 2014, en France, 17 millions de personnes disaient avoir déjà pris du cannabis dans leur vie et 700.000 en consommeraient quotidiennement, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Des syndicats de policiers ont favorablement accueilli la nouvelle.

Favorable à "une simplification des procédures pénales", Unsa police a salué la décision, estimant que "les procédures habituelles concernant les usagers (de drogue) se révélaient jusqu'à présent trop lourdes et trop chronophages pour les services de police" et n'avaient enfin "jamais démontré la moindre efficacité en matière de lutte contre les trafics".

Chez les magistrats, cette décision n'est pas aussi bien accueillie. "Ca ne va pas changer grand-chose et ça ne va pas désengorger les tribunaux", estime Virginie Duval, l'Union syndicale des magistrats.

"Si c'est pour avoir une sanction financière systématique sans autre réflexion, ça n'aura aucun effet. Ca fera des sous dans les caisses de l'Etat, mais ça n'amènera pas à réfléchir sur votre consommation", juge Clarisse Taron, la présidente du Syndicat de la magistrature.

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