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26/05/2017 07:46 EDT | Actualisé 26/05/2017 07:48 EDT

Grève dans la construction:les négos à la table centrale n'ont guère porté fruit

MONTRÉAL — Les négociations qui avaient repris à la table centrale, jeudi soir, entre les parties patronales et l'Alliance syndicale de la construction, n'ont guère porté fruit, affirme l'Association de la construction du Québec.

«Ces négociations-là se sont terminées cette nuit, à 3h30. Elles ont donné peu de résultats. Nos représentants qui étaient à la table du tronc commun sur ces enjeux-là ont senti qu'ils ont perdu leur temps», a rapporté le responsable des relations avec les médias à l'ACQ, Éric Côté, au cours d'une entrevue vendredi.

À cette table centrale sont discutées les questions des avantages sociaux, des congés et du régime de retraite. La question des salaires est discutée aux tables sectorielles — comme résidentiel ou génie civil et voirie —, et non à la table centrale, contrairement aux secteurs public et parapublic.

Reprise dans les secteurs

Lueur d'espoir, toutefois: il n'y avait pas eu de négociations entre l'ACQ et l'Alliance syndicale depuis le déclenchement de la grève, mercredi dernier à 5h; or les parties ont été convoquées pour 14h vendredi après-midi. Les discussions reprendront donc en conciliation à la table des secteurs institutionnel, commercial et industriel — les secteurs pour lesquels négocie l'Association de la construction.

Du côté de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation, qui négocie pour le secteur résidentiel, les négociations reprendront aussi à la table sectorielle, mais à 15h, a-t-on fait savoir à l'APCHQ.

La grève des 175 000 ouvriers de la construction au Québec en est à sa troisième journée. Le premier ministre Philippe Couillard a déjà fait savoir qu'il enclencherait le processus menant à l'adoption d'une loi spéciale lundi prochain.

Les quatre conventions collectives de l'industrie sont échues depuis le 30 avril dernier. Les principaux points en litige sont la conciliation travail-famille, les heures supplémentaires et les salaires.

Du côté de la Commission de la construction du Québec, qui encadre l'industrie, on rapporte quelques signalements ou plaintes reliés à la grève, mais la responsable des relations avec les médias, Mélanie Malenfant, n'a pu les chiffrer.

C'est que même s'il y a eu un vote de grève fortement majoritaire, soit entre 93 et 95 pour cent, selon le secteur, chaque ouvrier n'est pas tenu de respecter le mot d'ordre de grève, contrairement aux autres secteurs d'activités. Il s'ensuit parfois des frictions entre les ouvriers, lorsque certains décident de rentrer au travail malgré le mot d'ordre de grève.

Les ouvriers qui débraient peuvent tenter de convaincre leurs collègues qui entrent au travail de la justesse de leur cause, mais ils ne peuvent user de menace ni d'intimidation.

S'il y a menace ou intimidation, il peut y avoir plainte ou signalement. La Commission de la construction mènera alors une enquête — ce qui prend un certain temps, a rappelé Mme Malenfant. Si la plainte est fondée, le dossier peut ultimement être porté devant le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Les amendes vont de 1000 $ à 11 000 $ par jour.