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26/05/2017 03:54 EDT | Actualisé 26/05/2017 04:00 EDT

Frappes en Syrie: l'ONU exhorte les pays à mieux distinguer cibles militaires et civiles

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a exhorté vendredi "les forces aériennes de tous les Etats" intervenant en Syrie à mieux distinguer "les civils des cibles militaires", soulignant que les jihadistes sont mêlés à la population et les empêchent de fuir.

Le droit humanitaire international stipule que les parties au conflit doivent prendre les "précautions" nécessaires pour "minimiser" les pertes civiles, souligne Zeid Ra'ad Al Hussein dans un communiqué, exhortant "les forces aériennes de tous les Etats intervenant en Syrie à accorder une plus grande attention à la distinction entre cibles militaires légitimes et civils".

Les raids aériens visant le groupe Etat islamique (EI) ont tué des centaines de civils en Syrie depuis 2014.

Récemment, des frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis ont fait au moins 35 morts parmi les civils dans une ville de l'est de la Syrie aux mains de l'EI, dans la province de Deir Ezzor, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le Pentagone s'est refusé à tout commentaire.

"Le nombre croissant de civils morts ou blessés lors des raids aériens à Deir Ezzor et Raqa (fief de l'EI, ndlr) suggère un manque de précaution", a estimé M. Zeid, sans toutefois citer la frappe.

"Malheureusement, le monde extérieur accorde une attention insuffisante à la terrible situation des civils piégés dans ces régions" aux mains de l'EI, poursuit-il.

L'aviation de la coalition avait commencé à frapper l'EI en Irak en août 2014 avant d'étendre ses raids à la Syrie le mois suivant. Elle soutient depuis novembre une offensive d'envergure des Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde), fer de lance de la lutte anti-EI en Syrie, pour capturer la ville de Raqa.

Jeudi, le Pentagone a rendu publique une enquête d'après laquelle 105 civils sont morts en mars dans l'attaque d'une cache d'armes de l'organisation jihadiste EI à Mossoul, dans le nord de l'Irak.

L'armée américaine avait reconnu auparavant la mort accidentelle de 352 civils tués par la coalition en Irak et en Syrie depuis 2014. Mais de nombreux cas font encore l'objet d'investigations et le bilan réel est certainement plus lourd.

M. Zeid indique par ailleurs être extrêmement préoccupé par des rapports indiquant que les jihadistes de l'EI empêchent les civils de fuir les régions sous leur contrôle et dans certains cas, égorgent des personnes qui ont transmis des informations à la coalition.

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