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25/05/2017 08:08 EDT | Actualisé 25/05/2017 12:46 EDT

L'OTAN s'impliquera dans la lutte contre Daech (VIDÉO)

L'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord rejoindra les rangs de la coalition internationale qui lutte contre Daech (le groupe armé État islamique), mais elle ne participera pas directement aux combats contre les djihadistes, a annoncé jeudi le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

Cette annonce est survenue au moment où le nouveau président américain, Donald Trump, participait pour la première fois à un sommet des leaders des pays membres de l'alliance militaire atlantique, à Bruxelles.

M. Stoltenberg a déclaré que la participation de l'Alliance à la coalition anti-Daech menée par les États-Unis "enverra un message politique fort de la détermination de l'OTAN à lutter contre le terrorisme, en plus d'améliorer notre coordination au sein de la coalition". Il a par ailleurs précisé que "cela ne veut pas dire que l'OTAN participera aux opérations de combat".

Les 28 membres de l'OTAN, dont le Canada, sont des participants individuels à la coalition regroupée contre Daech, qui rassemble en tout 68 pays. Certains, comme la France et l'Allemagne, craignent toutefois qu'une participation officielle de l'OTAN à cette coalition ne vienne compliquer la prise de décisions ou froisser les pays du Moyen-Orient qui en sont membres.

L'OTAN créera à Bruxelles une unité du renseignement contre-terroriste, dirigée par un coordonnateur spécial, afin d'améliorer le partage d'informations, notamment parce que M. Trump a demandé plus d'efforts dans la lutte contre le terrorisme. Cette unité se concentrera entre autres sur les combattants étrangers qui quittent l'Europe pour aller s'entraîner ou combattre dans les rangs de Daech en Irak et en Syrie.

M. Stoltenberg a aussi annoncé que l'OTAN réévaluerait son engagement en Afghanistan, où 13 000 militaires de l'alliance sont actuellement déployés. L'OTAN, a-t-il dit, souhaite éventuellement se concentrer sur la formation des forces afghanes, et non plus sur les opérations de combat. Interrogé là-dessus jeudi à Bruxelles, le premier ministre Justin Trudeau a montré peu d'enthousiasme à l'idée d'un nouveau déploiement canadien dans ce pays.

Trudeau peu inquiet

La police de Manchester aurait décidé de ne plus partager de renseignements avec les États-Unis, après la publication par le New York Times de photos provenant de l'enquête sur l'attentat de lundi. Certains allèguent aussi que le président Trump a partagé avec la Russie des renseignements secrets fournis par Israël.

À ce chapitre, d'ailleurs, M. Trudeau a déclaré jeudi qu'il est important pour l'OTAN et ses partenaires de partager l'information. Selon le premier ministre canadien, le passé démontre que "la collaboration et la coopération entre alliés, amis et partenaires a sauvé des vies et assuré la sécurité de tous nos citoyens".

M. Trudeau a estimé que le Canada tire profit du partage de renseignement, sans qualifier davantage les présumées indiscrétions américaines. "Le Canada demeure un allié important et fiable dans la communauté internationale du renseignement", a-t-il insisté.

M. Trump, quant à lui, a indiqué jeudi par voie de communiqué que la Maison-Blanche avait l'intention d'aller au fond de cette fuite d'information "extrêmement troublante".

"Ces fuites durent depuis très longtemps et mon administration ira au fond des choses. Ces fuites d'informations secrètes font peser une menace réelle à notre sécurité nationale. Je demande au département de la Justice et aux autres agences qui pourraient être concernées de procéder à un examen complet de cette affaire, et s'il y a lieu, le coupable sera poursuivi devant les tribunaux avec toute la sévérité permise par la loi."

Contributions

Pour ce qui est de la contribution canadienne, le secrétaire général Stoltenberg a montré un peu de sympathie pour les arguments d'Ottawa. "Ce n'est pas qu'une question de gros sous, mais aussi de capacité moderne et de contributions significatives aux missions de l'OTAN, à ses opérations et ses engagements", a-t-il soutenu jeudi. "Aujourd'hui, nous allons prendre des mesures pour maintenir cet élan."

Le président Trump a exhorté les membres de l'OTAN à accroître leurs dépenses militaires, alors que les alliés avaient convenu en 2014 de viser l'objectif de 2,0 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB). Seulement cinq pays ont atteint cet objectif, et le Canada est loin du compte: il dépense actuellement environ un pour cent de son PIB à la défense, ce qui le place dans le dernier tiers parmi les alliés.

M. Stoltenberg a indiqué jeudi que les pays membres de l'OTAN s'engageront à présenter un plan annuel pour les aider à atteindre leur objectif.

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