POLITIQUE
25/05/2017 10:22 EDT | Actualisé 26/05/2017 05:50 EDT

Grève de la construction: Philippe Couillard déposera une loi spéciale lundi s'il n'y a pas d'entente (VIDÉO)

Alors que 175 000 de travailleurs de la construction poursuivent leur débrayage au Québec, le premier ministre Philippe Couillard, en mission économique au Moyen-Orient, prévient qu'il déposera dès lundi un projet de loi spéciale si aucun déblocage ne survient d'ici là.

Absent de cette crise jusqu'ici en raison de sa participation à une mission commerciale en Israël et en Cisjordanie, Philippe Couillard a haussé le ton en prévenant qu'il donnait jusqu'à lundi aux parties pour s'entendre sur le renouvellement des conventions collectives dans la construction à défaut de quoi il déposera dès lundi un projet de loi spéciale pour forcer un retour au travail sur les chantiers de la province.

Pendant ce temps, des milliers de travailleurs en grève sont descendus dans les rues d'au moins huit villes du Québec pour manifester leur mécontentement et faire valoir leurs revendications en cette deuxième journée de débrayage.

Des marches de travailleurs ont été notamment organisées à Montréal, Québec, Sherbrooke, Chicoutimi, Rimouski, Sept-Îles, Paspébiac ainsi qu'à Cap-aux-Meules. Dans plusieurs villes, les travailleurs font le tour des chantiers pour s'assurer que le débrayage est respecté. Aucun incident grave n'a été signalé jusqu'ici, le tout se déroulant dans le calme.

Les parties patronale et syndicale, quant à elles, doivent reprendre les pourparlers au cours de la journée à la faveur de l’intervention de nouveaux conciliateurs dans le dossier, une mesure imposée mercredi par la ministre du Travail, Dominique Vien.

Tôt jeudi matin, patrons et syndiqués affirmaient n’attendre qu’un appel des conciliateurs pour retourner à la table de négociations dans les secteurs résidentiel et commercial.

Mercredi, la ministre du Travail a convoqué d’urgence les parties à la suite du débrayage et leur a demandé de lui fournir un calendrier de négociations rapidement, sinon son gouvernement aura recours à une loi spéciale pour forcer la reprise des travaux sur les chantiers.

Une entente toujours possible, selon la ministre

La ministre Vien affirme qu’une entente est, malgré tout, toujours possible et préfère pour l’instant donner une dernière chance aux parties de s’entendre, du moins jusqu'à ce que le premier ministre Philippe Couillard rentre de sa mission économique au Moyen-Orient.

Cette grève générale coûte chaque jour plus de 45 millions de dollars à l’économie de la province, selon Québec.

Pendant ce temps, près de 175 000 travailleurs maintiennent la pression en poursuivant leur grève générale illimitée.

Sans contrat de travail depuis le 30 avril, les travailleurs de la construction négocient sans succès avec leurs employeurs depuis le mois d’octobre dernier pour le renouvellement de leurs conventions collectives.

Les négociations achoppent essentiellement sur les questions des salaires, des heures supplémentaires et une flexibilité des horaires accrue.