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25/05/2017 06:44 EDT | Actualisé 25/05/2017 09:21 EDT

Attentat de Manchester: huit arrestations et Trump veut poursuivre les auteurs des fuites

Theresa May devra demander à Donald Trump le respect de la confidentialité des informations partagées.

Le président américain Donald Trump actuellement en déplacement en Europe a affirmé jeudi dans un communiqué vouloir "poursuivre" les auteurs des fuites sur l'enquête de l'attentat de Manchester, en réaffirmant la "relation spéciale" des Etats-Unis avec le Royame-uni.

"Je demande au département de la Justice et aux autres agences adéquantes de lancer un examen complet" des fuites parues dans la presse "et, si c'est approprié, les coupables devront être poursuivis avec toute la rigueur de la loi", a écrit le dirigeant américain, en réponse à la colère des enquêteurs britanniques devant des informations sensibles fournies à la presse par leurs homologues américains.

"Il n'y a pas de relation que nous chérissons plus que la 'relation spéciale' entre les Etats-Unis et le Royaume-uni", a ajouté M. Trump.

Le New York Times a notamment diffusé mercredi des photos de la police britannique montrant des éléments de la bombe détonée par le jeune kamikaze à Manchester lundi soir, qui a fait 22 morts et des dizaines de blessées.

Les Européens ont fraîchement accueilli Donald Trump jeudi lors de sa première visite à Bruxelles, exprimant leurs divergences sur la Russie et leur agacement sur les fuites après l'attentat de Manchester.

La première ministre britannique Theresa May a déclaré qu'elle allait, à l'occasion du sommet de l'Otan à Bruxelles, "clairement dire au président Trump que les renseignements qui sont partagés entre nos services respectifs doivent rester confidentiels".

Les nombreuses fuites à Washington - y compris des informations confidentielles sur des préparatifs d'attentats de l'EI à l'aide d'un ordinateur portable dans un avion, que M. Trump a partagées avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale - ont déclenché de vives polémiques depuis la prise de fonction du dirigeant américain.

Donald Trump avait également, lors d'une conversation téléphonique avec son homologue philippin Rodrigo Duterte citée par la presse américaine, révélé que les Etats-Unis avaient envoyé deux sous-marins nucléaires près de la péninsule coréenne, en proie à des tensions sur le programme d'armement nucléaire de Pyongyang.

Le président américain et son entourage font aussi l'objet de fuites quotidiennes dans la presse sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine. Le FBI a lancé une enquête sur une éventuelle "coordination" entre des membres de l'équipe de campagne de Trump et des responsables russes.

Donald Trump, qui dément toute "collusion" avec la Russie, dénonce à chaque fois les auteurs de ces fuites sur l'affaire russe.

Les Etats-Unis et le Royaume-uni travaillent étroitement en matière de renseignement. Ils font partie de la puissante alliance dans ce domaine des "Five Eyes", avec l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

L'enquête sur l'attentat de Manchester progressait rapidement jeudi, avec huit hommes au profil "intéressant" désormais en garde à vue, la police antiterroriste regrettant pourtant des fuites dans les médias américains qui "nuisent" à leurs efforts.

Jeudi matin, deux nouvelles arrestations ont eu lieu dans l'agglomération de Manchester (nord-ouest), en lien avec l'attentat qui a visé un concert pop lundi soir, faisant 22 morts et 75 blessés hospitalisés, selon un nouveau bilan jeudi. L'attentat a été commis par Salman Abedi, un Britannique d'origine libyenne de 22 ans et revendiqué par le groupe Etat islamique.

Après le renforcement de l'état d'alerte au niveau "critique", signifiant un risque d'attentat terroriste imminent, une grande nervosité restait palpable. Des démineurs sont intervenus jeudi matin dans le sud de Manchester après "avoir recu un appel", mais la police a rapidement affirmé que la zone était sans danger.

Elle a en revanche assuré que le profil des hommes arrêtés depuis mardi, pour la plupart dans l'agglomération, était "intéressant" et que des perquisitions se poursuivaient jeudi.

Une minute de silence a été observée dans tout le pays, notamment à Trafalgar Square dans le coeur de Londres, et dans tout Manchester, place St Ann, où la foule a chanté "Don't look back in anger" (ne rumine pas la colère) du groupe mancunien Oasis.

Dans un élan de solidarité, les clubs de football Manchester City et Manchester United ont annoncé qu'ils allaient verser un million de livres (1,15 million d'euros) au fonds d'urgence mis en place pour venir en aide des victimes.

La reine Elizabeth s'est rendue au chevet des blessés jeudi matin, portant des couleurs vives, manteau bleu roi et chapeau orange. Sur 64 blessés, une vingtaine restaient en soins intensifs.

Une policière parmi les morts

En revendiquant l'attentat, commis à l'issue d'un concert de la chanteuse pop américaine Ariana Grande, l'EI a menacé de perpétrer d'autres attaques.

Un proche de la famille habitant à Manchester a déclaré à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que Salman Abedi s'était rendu en Libye récemment avant de regagner la Grande-Bretagne quatre jours avant.

L'enquête porte "clairement" sur un réseau autour du kamikaze, né dans cette ville de parents libyens ayant fui le régime de Mouammar Kadhafi, avait affirmé mercredi le chef de la police de Manchester, Ian Hopkins.

Dans la liste des personnes tuées par l'attentat, dont plusieurs enfants et adolescents, figure aussi une policière qui était de repos, a précisé la police.

A Stockholm, une minute de silence puis une autre d'applaudissements ont été observées mercredi soir avant le coup d'envoi de la finale de l'Europa League, remportée par Manchester United contre l'Ajax Amsterdam (2-0).

Les supporteurs à Manchester s'étaient rassemblés dans les pubs pour suivre la finale: "Aujourd'hui, comme d'habitude, on va soutenir notre équipe. On va défier les terroristes!", a déclaré Sam Trefla, 52 ans, à l'AFP.

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