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24/05/2017 10:47 EDT | Actualisé 24/05/2017 11:36 EDT

Le président philippin instaure la loi martiale en raison d'affrontements au sud

Des militants affiliés à Daech (le groupe armé État islamique) ont déferlé sur une ville du sud des Philippines où ils ont décapité un chef de la police, incendié des immeubles, kidnappé un prêtre catholique et ses fidèles, et hissé la bannière noire des djihadistes, ont indiqué mercredi des responsables.

Le président Rodrigo Duterte, qui avait instauré mardi la loi martiale dans le sud du pays, a prévenu que la mesure pourrait maintenant être allongée à l'ensemble du pays.

Les affrontements ont fait au moins 21 morts.

La violence a éclaté mardi quand les forces de l'ordre ont tenté de mettre la main sur Isnilon Hapilon, un commandant du groupe Abou Sayyaf qui a juré allégeance à Daech. Le département de la Justice des États-Unis offre une récompense pouvant atteindre 5 millions $ US pour sa capture.

Les militants ont appelé des renforts et une centaine d'hommes armés sont entrés dans Marawi, une ville majoritairement musulmane de 200 000 habitants sur l'île de Mindanao, dans le sud du pays, a dit le ministre de la Défense, Delfin Lorenzana.

"Nous sommes dans un état d'urgence, a déclaré M. Duterte mercredi, après être rentré en toute hâte d'un déplacement à Moscou. J'ai un gros problème à Mindanao et les traces de Daech sont partout."

M. Duterte a décrété la loi martiale pour la région entière de Mindanao, où habitent 22 millions de personnes, pour une période de 60 jours et a promis d'être "impitoyable".

"Si vous pensez que vous devriez mourir, vous allez mourir, a-t-il lancé. Si vous vous battez contre nous, vous allez mourir. Si vous nous défiez ouvertement, vous allez mourir. Et si ça veut dire que plusieurs personnes mourront, alors ainsi soit-il."

Il a toutefois prévenu qu'il ne tolérera aucun débordement et que les gens honnêtes n'ont rien à craindre.

Un prêtre catholique, dix fidèles et trois employés de la cathédrale de Marawi ont été enlevés. Un chef de la police locale a été décapité après avoir été intercepté par les insurgés à un poste de contrôle.

Un porte-parole de l'armée a indiqué que 13 militants, cinq soldats, deux policiers et un gardien de sécurité ont été tués.

Des milliers de personnes ont maintenant fui la ville, selon une responsable des opérations d'urgence.

La loi martiale permet aux forces de l'ordre de procéder plus rapidement à des perquisitions et à des arrestations.

La ville de Marawi se trouve à environ 830 kilomètres au sud de Manille.

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