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Couillard raille les projets d'alliance politique

Le premier ministre Philippe Couillard estime que toutes les discussions entourant la convergence entre Québec solidaire (QS) et le Parti québécois ne sont qu'illusions, et que la réalité demeure la gouvernance de l'État assurée par le Parti libéral du Québec (PLQ).

M. Couillard déplore la « désinvolture envers l’électorat » que ces discussions démontrent. « Comme si l’électorat allait se faire manipuler par des jeux politiques de ce genre-là », a déclaré M. Couillard au cours d’un impromptu de presse en Israël, où il effectue une visite. « On met sur papier des alliances qui sont contre nature politiquement si on regarde les orientations des différents partis. »

« C’est de la théorie politique, a-t-il poursuivi. La pratique c’est un gouvernement qui fait ce qu’il a dit qu’il ferait, qui continue d’exécuter son plan, qui a les résultats qu’il montre à la population. »

Tous ces scénarios d’alliance, dans le fond c’est de la fumée.

M. Couillard a souligné deux des enjeux qui ont fait achopper la convergence entre les deux partis souverainistes, soit l’épisode de la charte des valeurs du PQ et la discussion entourant le racisme au Québec.

« [L’épisode de la Charte des valeurs] est un événement négatif dans l’histoire récente du Québec, a-t-il déclaré. Je pense que les gens de Québec solidaire – qui ne viennent pas du même spectre politique que nous, ils sont très à gauche – ont également des problèmes avec ça. »

Méfiance envers le PQ

Les nouveaux porte-paroles de QS, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, imputent au PQ l'échec de la convergence entre les deux partis. Ils estiment que les changements de position sur des enjeux de société fondamentaux – comme les hydrocarbures et l’inclusion des nouveaux arrivants – ont fait naître une certaine méfiance envers le PQ.

« Le problème, c’est la haute direction du parti québécois qui, au cours des dernières années, a manqué de cohérence, qui a manqué de constance, non pas sur de petits détails, mais sur des enjeux fondamentaux », a déclaré M. Nadeau-Dubois en entrevue. « Les hydrocarbures, le pétrole, pour des gens de ma génération ce n’est pas un petit détail ça. C’est la grande lutte du 21e siècle. »

Quand un parti change d’opinion sur des enjeux aussi fondamentaux que ceux-là, les gens perdent confiance.

« Battre les libéraux »

M. Nadeau-Dubois veut déloger le PLQ à la tête de l’État québécois et, pour ce faire, il veut convaincre les électeurs du parti au pouvoir de ne plus l'appuyer. « Ce qui me dérange, c’est d’entendre les analystes politiques décrire l’électorat libéral comme un bloc monolithique, déplore M. Nadeau-Dubois. Comme si ces gens étaient des pions qui ne réfléchissaient pas. »

Et, pour convaincre les électeurs libéraux de changer de camp, les co-porte-parole de QS proposent « un projet de société mobilisant et enthousiasmant ».

Il faut surtout se tenir loin des politiques de division, des politiques d’exclusion qui consolident le vote libéral depuis des années.

M. Nadeau-Dubois et Mme Massé estiment que le changement est déjà en marche avec de nombreuses inscriptions à leur formation – 4000 sur 6000 – qui proviennent de l’extérieur de Montréal. « Le projet de société qu’on a à mettre de l’avant – qui est indépendantiste, environnementaliste, de justice sociale et féministe – ce parti politique est définitivement voué à faire rêver les Québécois et les Québécoises », avance Mme Massé.

Le premier test de M. Nadeau-Dubois surviendra lors de l’élection partielle où il brigue les suffrages dans la circonscription de Gouin. La circonscription est vacante depuis la démission de l’ancienne co-porte-parole de QS Françoise David.

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