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Conquérir la Grande Muraille de Chine une foulée à la fois

En fin de semaine, les célèbres fortifications se sont transformées en piste, le temps d'un marathon auquel ont participé plus de 2000 personnes.

Un photoreportage d'Anyck Béraud

Mais qu'est-ce qui peut bien pousser ces hommes et ces femmes à gravir et à descendre au pas de course les milliers de marches de l'une des sept merveilles du monde?

Le défi sportif? La beauté du site? L'occasion d’une vie? Toutes ces réponses pour bien des participants, dont Louis, Étienne et Charlotte. Ces trois Français ont profité de leur échange scolaire, à Shanghai, pour foncer ici, dans la province de Tianjin. Ils sont inscrits au demi-marathon.

« Le cadre est quand même exceptionnel », dit Charlotte, « c’est un gros challenge pour nous trois ».

« Jusqu’ici, on a couru des demi-marathons, on a fait du trail, des choses comme ça avec des terrains variés, amochés. Mais là, c’est vraiment beaucoup de marches sur la pierre, un dénivelé vraiment dans les deux sens. Oui, un gros défi », précise Louis.

Rien pour effrayer Mike, 71 ans. Pour son premier marathon à la Grande Muraille, il dit qu’il s’est entraîné dans les escaliers des gratte-ciels de sa ville, Chicago. Il est venu pour « varier la sauce », car c’est un habitué des circuits internationaux, comme une bonne partie des participants ici.

Il y a trois distances : le marathon, le demi-marathon et une course de 8,5 km, surnommée « Fun Run ».

Au début, le parcours est plat, mais les premières marches arrivent assez vite.

Pour les uns, croisés au sommet, ça a l’air d’être quasiment une promenade de santé.

Pour les autres, c’est plus difficile. Puis, le mercure franchit les 35 degrés. Le chemin de pierre se transforme en chemin de croix.

Cette chaleur, bien des coureurs la craignaient. Nombre d'entre eux ne courent plus. C’est tout juste s’ils marchent encore. Ils sont à bout de souffle.

En sueur et le pas lourd résonnant sur les pierres, plusieurs me disent que c’est pire que ce à quoi ils s’attendaient.

Si le corps suit difficilement, le cœur, par contre, y est encore.

C'est le cas pour Amanda, d'Halifax en Nouvelle-Écosse. Elle fait partie de ceux qui courent pour une cause. Elle, c'est pour Diabète Canada au nom de ses proches. Elle est émue et fière d'avoir réussi à grimper jusqu'ici.

Ils sont nombreux à affirmer que la douleur et la fatigue en valent la peine, car ils ressentent la satisfaction d'être allé au bout d'eux-mêmes.

La Muraille est un symbole de grandeur. Et aussi un objectif de conquête, un obstacle à surmonter. Comme ce mur que les coureurs frappent, une baisse de régime, durant les marathons. Donc, en organiser un ici, c'était l'évidence même.

Et au bout de l’effort, tous les coureurs, gagnants ou pas, ont droit à médaillon de participation, remis au fil d'arrivée.

Étienne, que nous avions rencontré avant la course, est radieux : « Ça y est, on l’a. C’était compliqué. Surtout en haut de la Muraille, c’est vrai que c’était intense, mais c’était incroyable à faire. Un challenge personnel qui a été réussi. Donc heureux. Heureux de l’avoir fait. Et peut-être que l’on réitèrera l’expérience! »

Ce samedi 20 mai, les organisateurs ont permis à celles et ceux inscrits au marathon de parcourir seulement le semi-marathon, s'ils le désiraient, en raison des températures qui n'avaient jamais été aussi élevées pour le Marathon de la Grande Muraille de Chine.

Anyck Béraud est correspondante en Chine

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