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20/05/2017 07:00 EDT | Actualisé 20/05/2017 07:08 EDT

Venezuela: plus de 160 000 manifestants à Caracas contre Maduro

Plus de 160 000 manifestants ont défilé samedi dans les rues de Caracas pour exiger le départ du président socialiste Nicolas Maduro et l'organisation d'élections générales au Venezuela, selon des estimations fournies par l'opposition.

"Il y a à coup sûr 160 000 personnes", même plus, a déclaré à l'AFP Edinson Ferrer, l'un des dirigeants de la coalition d'opposition MUD.

A San Cristobal, dans l'Etat de Tachira (ouest), frontalier de la Colombie, ils étaient plus de 40 000 à défiler, selon une estimation de l'AFP, malgré une situation tendue après le déploiement de 2.600 militaires consécutif à une série de pillages et d'attaques contre des installations de la police et de l'armée.

"Pour ce 50e jour de résistance, nous allons organiser la plus grande démonstration de force de cette période", a déclaré Juan Andrés Mejia, un des jeunes députés à la tête des protestataires.

Celle-ci est toutefois restée en-deçà des centaines de milliers de participants aux marches du 19 avril.

Ils étaient plus de 10.000 rassemblés sur la principale autoroute de Caracas, parsemée de barricades faites de troncs d'arbre, de pierres, ainsi que d'un énorme réservoir métallique pour se protéger de la police.

Selon le dernier bilan du parquet, les incidents qui se produisent désormais quasi quotidiennement ont fait 47 morts. D'après l'ONG Foro Penal, on compte aussi des centaines de blessés, quelque 2200 personnes interpellées et au moins 161 incarcérées sur ordre des tribunaux militaires.

"Cela a été un massacre contre la population, mais malgré tout, malgré la répression (il y a) plus de résistance", a lancé le chef de l'opposition Henrique Capriles, au départ de la marche de Caracas.

"Je veux que nous vivions en démocratie", a dit à l'AFP Mariangel, 24 ans, qui dit vouloir que ses deux fils puissent manger à leur faim.

L'opposition souhaite des élections anticipées et rejette la décision du chef de l'Etat de convoquer une assemblée constituante pour réviser la Constitution de 1999. Elle estime qu'il s'agit d'une manoeuvre en vue de repousser la présidentielle prévue pour fin 2018.

"Nous sommes des millions contre la dictature"; "#Résistance", pouvait-on lire sur des pancartes des antichavistes, du nom d'Hugo Chavez, qui a été président de 1999 jusqu'à sa mort en 2013.

"C'est une façon de rappeler au gouvernement qu'après cinquante jours de résistance, des morts et des prisonniers, nous sommes plus nombreux et que nous n'allons pas nous rendre", s'était exclamé vendredi soir devant la foule Freddy Guevara, le vice-président du Parlement, dominé par l'opposition.

Nicolas Maduro a reçu pour sa part samedi au Palais présidentiel des salariés du secteur alimentaire qui défileront pour soutenir son projet d'assemblée constituante, tandis que ses partisans se sont regroupés dans une autre partie de la capitale.

Les manifestations dégénèrent la plupart du temps en affrontements avec les forces de l'ordre. S'y ajoutent des pillages et la violence des "colectivos", des groupes de civils armés par le gouvernement, selon l'opposition.

- Des élections, "seule porte de sortie", dit l'OEA -

Les adversaires de M. Maduro dénoncent une "répression sauvage", tandis que le pouvoir accuse l'opposition de "terrorisme" en vue d'un coup d'Etat soutenu par les Etats-Unis.

Henrique Capriles, qui a assuré que les autorités l'avaient empêché jeudi de quitter son pays pour les Etats-Unis, a annoncé qu'un de ses avocats avait remis vendredi à New York un rapport sur la crise au Venezuela au Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

La seule porte de sortie à la crise politique est l'organisation rapide d'élections, a quant à lui estimé le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, dans un message vidéo. Le Venezuela doit maintenant entamer "la négociation définitive en vue d'accepter les termes du rétablissement de la démocratie", a-t-il ajouté.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a souligné au cours d'un entretien téléphonique avec M. Maduro, "le droit du peuple vénézuélien à choisir son destin sans intervention extérieure, face aux forces radicales qui peuvent compter avec le soutien de l'extérieur", selon un communiqué de la diplomatie vénézuélienne.

Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ du président Maduro, d'après les sondages, une profonde crise économique et sociale attisant la colère populaire dans ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut, frappé par de graves pénuries d'aliments et de médicaments et une criminalité hors contrôle.

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