NOUVELLES
20/05/2017 09:13 EDT | Actualisé 20/05/2017 09:20 EDT

"Petit paysan", thriller haletant et portrait d'un éleveur d'aujourd'hui

Une épidémie se déclare dans une ferme laitière, un jeune éleveur découvre qu'une de ses bêtes est contaminée : sur cette idée originale, le réalisateur Hubert Charuel, 31 ans, signe un premier film haletant, "Petit paysan", présenté samedi à la Semaine de la Critique à Cannes.

Le point de départ du film, c'est : "un sujet sur la fièvre aphteuse (l'année de mes 10 ans). Ma mère dit qu'elle se suicide si ça nous arrive. La fin des vaches, c'est pour elle la fin du monde", relate le réalisateur, lui-même fils de paysans, au cours d'un entretien avec l'AFP.

Dans son film, c'est Pierre interprété par Swann Arlaud ("Les anarchistes") qui voit son monde s'écrouler quand il découvre qu'une de ses vaches est malade.

Afin de ne pas perdre tout le troupeau, il supprime l'animal, cache la vérité aux autorités et ment à sa soeur Pascale, vétérinaire, dont il est proche (jouée par Sara Giraudeau) jusqu'à ce que l'étau se resserre sur lui.

Puisant dans sa connaissance du monde paysan, Hubert Charuel a injecté une bonne dose de suspense, s'appuyant sur le cinéma qu'il aime et des séries comme "Les Soprano". Il a également voulu sortir de l'image naturaliste que l'on voit parfois à l'écran et montrer combien certains agriculteurs sont aujourd'hui connectés.

Pierre, son personnage principal, s'informe ainsi sur des forums ou auprès d'éleveurs mettant en ligne des tutoriels sur internet. Une image bien éloignée du "paysan qui mange sa soupe dans une cuisine en formica", souligne le cinéaste.

Le film a été tourné dans l'exploitation de ses parents, dans l'est de la France. "C'est une manière à moi de reprendre la ferme", s'amuse celui qui a préféré s'orienter vers le cinéma.

La suite pour Hubert Charuel ? Peut-être un documentaire très personnel utilisant les rush inexploités de "Petit paysan", avant d'explorer d'autres horizons.

may/nip/bds