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20/05/2017 11:24 EDT | Actualisé 20/05/2017 11:40 EDT

Niger: arrestation d'Ali Idrissa, figure de la société civile

Ali Idrissa, une figure très connue de la société civile du Niger, a été arrêté samedi à Niamey, où une manifestation contre le régime a été interdite, a annoncé une chaîne de télévision privée.

"L'acteur de la société civile Ali Idrissa a été interpellé samedi par la police judiciaire", a annoncé la télévision privée Labari, dont M. Idrissa est le propriétaire. La chaîne ignore pour le moment les raisons de cette arrestation.

L'arrestation de M. Idrissa a été également annoncée sur les réseaux sociaux par des responsables de la Coalition de la société civile qui ont organisé la manifestation qui devait avoir lieu ce samedi.

Un important dispositif policier a été déployé place Toumo, dans le centre de la capitale nigérienne, où aurait dû se tenir le rassemblement.

Deux précédentes manifestations de la Coalition de la société civile ont déjà été interdites par les autorités, invoquant des risques de troubles à l'ordre public.

Le président "Issoufou Mahamadou vient de démontrer (...) qu'il a mis entre parenthèses la démocratie au Niger. Nous userons de tous les moyens pour la restauration de la démocratie dans notre pays", a commenté Ali Idrissa, peu avant son arrestation, sur des télévisions locales.

Coordonnateur de l'organisation Publiez ce que vous payez, Ali Idrissa est l'un des militants le plus médiatiques du pays, principalement pour ses critiques contre les contrats d'exploitation d'uranium entre le Niger et la société française Areva qu'il juge "opaques". Il est également coordonnateur du Réseau des organisations pour la transparence et l'analyse budgétaire (Rotab), une ONG très active.

M. Idrissa avait déjà été brièvement interpellé par la police en juillet 2014, avec une dizaine d'autres dirigeants de la société civile, en marge d'une visite au Niger du président français François Hollande.

Areva et le Niger ont signé en 2014 un accord pour l'exploitation de deux mines d'uranium situées près d'Arlit (nord), après plus de 18 mois d'âpres négociations. Cet accord, dont les clauses n'ont pas été rendues publiques, oblige l'entreprise française à respecter un code minier adopté en 2006 par le Niger, qui aboutit à une taxation plus lourde, tout en la soulageant d'autres impôts, selon le Rotab.

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