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20/05/2017 08:00 EDT | Actualisé 20/05/2017 08:02 EDT

Donald Trump amorce son premier voyage à l'étranger en Arabie saoudite

RIYAD, Arabie saoudite — Accueilli à son arrivée en Arabie saoudite par le roi Salmane lui-même, le président américain Donald Trump a amorcé samedi son premier voyage à l'étranger, par lequel il tentera de forger des alliances contre le terrorisme tout en détournant l'attention des nombreux scandales dans lesquels s'embourbe son jeune gouvernement.

Donald Trump est le premier président des États-Unis à avoir fait d'un pays à majorité musulmane sa première destination étrangère. Ce choix n'a pas été laissé au hasard: il cherche à exprimer son respect envers cette région après avoir tenu pendant un an un discours très dur envers l'islam.

Après une escale de deux jours en sol saoudien, Trump s'envolera vers l'Israël, puis vers le Vatican où il doit s'entretenir avec le pape. Il est également attendu au sommet de l'OTAN à Bruxelles, de même qu'en Sicile pour une rencontre du G7.

Les autorités de la Maison-Blanche espèrent que ce voyage de neufs jours et l'apparat du président à l'étranger leur permettront de se rétablir du controversé congédiement du directeur du FBI, James Comey, qui supervisait un enquête sur les possibles liens entre le Kremlin et l'équipe de campagne de M. Trump.

L'accueil chaleureux que les autorités saoudiennes ont réservé à M. Trump accusait un fort contraste avec celui de son prédécesseur, dont l'attitude envers l'Iran et la Syrie constituaient un irritant.

Des panneaux publicitaires longeant les routes de la capitale affichaient des images de M. Trump et du roi saoudien avec l'inscription «Ensemble, nous triompherons».

Dimanche, le président américain s'entretiendra avec une cinquantaine de dirigeants arabes et musulmans réunis à Riyad à l'occasion d'un sommet régional sur la lutte contre Daech (le groupe armé État islamique) et d'autres groupes extrémistes. Trump exhortera ces leaders à «chasser les terroristes de vos lieux de cultes». Selon un brouillon de son allocation obtenu par l'Associated Press, il ne fera aucune mention de la démocratie et des droits de la personne — des sujets souvent perçus comme moralisateurs par les dirigeants arabes.

Faisant fi des remontrances de son époux à l'endroit de Michelle Obama, deux ans plus tôt, la première dame Melania Trump n'a pas couvert sa tête samedi matin.

En janvier 2015, le milliardaire avait dénoncé la décision de Mme Obama de ne pas porter le foulard, lui reprochant d'avoir insulté les Saoudiens.

«Nous avons assez d'ennemis», avait-il écrit sur Twitter.

Selon le strict code vestimentaire d'Arabie saoudite, les visiteuses doivent porter l'abaya, une modeste robe noire et ample. La plupart des femmes saoudiennes couvrent leurs cheveux et leur visage d'un voile nommé le niqab. La majeure partie des Occidentales s'en passent, comme l'ont fait la première ministre britannique, Theresa May, et la chancelière allemande, Angela Merkel. Alors qu'elle était secrétaire d'État, Hillary Clinton faisait de même.

Également du voyage, la fille du président, Ivanka, a elle aussi laissé le foulard de côté.

L'Arabie saoudite adhère à une interprétation ultraconservatrice de la charia en vertu de laquelle la ségrégation des hommes et des femmes est imposée dans la plupart des espaces publics.