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20/05/2017 00:04 EDT | Actualisé 20/05/2017 06:20 EDT

Cambodge: manifestations avant des élections locales

Des milliers de personnes ont participé samedi à Phnom Penh à des manifestations de l'opposition ainsi que de partisans du Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis trois décennies, avant des élections locales le 4 juin qui serviront de test pour des élections législatives prévues en 2018.

Les élections locales sont prévues dans plus de 1.600 communes. L'opposition du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) cherche à mettre fin au pouvoir du Premier ministre et l'accuse d'être de plus en plus répressif et corrompu.

Mais Hun Sen, ex-combattant Khmer rouge et Premier ministre depuis 1985, a savamment manoeuvré pour lui couper les ailes en multipliant les poursuites judiciaires contre l'opposition qui avait réussi une poussée aux élections législatives de 2013. L'opposition avait affirmé avoir perdu en raison d'une manipulation du vote, une affirmation rejetée par Hun Sen.

Le Premier ministre se targue d'être une force stabilisatrice dans ce pays qui continue de se remettre des horreurs du génocide Khmer rouge.

Son puissant Parti du peuple cambodgien (CPP) s'est gagné le soutien de nombreux Cambodgiens plus âgés redoutant qu'un changement politique rouvre de vieilles blessures et ébranle une économie en plein essor.

Le chef du CNRP Kem Sokha a assuré aux manifestants qu'un changement politique se profilait.

"Nous avons surmonté des obstacles et des orages (..) mais le CNRP a réussi à survivre et il progresse", a-t-il déclaré sous les acclamations des manifestants dont beaucoup arboraient sur les joues des autocollants du parti.

Kem Sokha a pris la direction du CNRP en mars après la démission de Sam Rainsy, exilé en France depuis novembre 2015 pour se soustraire à un mandat d'arrêt lancé contre lui. Sam Rainsy avait annoncé en février cette démission "pour le bien du parti", créé en 2012.

Le CPP a parallèlement organisé une manifestation dans la capitale qui a également attiré des milliers de personnes.

Une bonne performance du CNRP aux élections de juin constituerait "une onde de choc" pour le parti au pouvoir, estime Sebastian Strangio, expert de la politique cambodgienne et auteur d'un ouvrage sur Hun Sen.

"Le CPP risque de perdre le contrôle du niveau local de gouvernement qu'il exerce depuis la chute des Khmers rouges en 1979, observe-t-il.

En revanche, une piètre performance du CNRP pourrait présager d'un échec aux élections législatives l'an prochain.

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