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20/05/2017 11:05 EDT | Actualisé 20/05/2017 11:20 EDT

Brésil: le président Temer menacé de toute part

Le président brésilien Michel Temer se retrouve en grande difficulté depuis la révélation cette semaine d'un enregistrement compromettant évoquant des versements de pots-de-vin. Son maintien de pouvoir est désormais menacé par les appels à la démission, des demandes de destitution, ainsi que deux procédures judiciaires.

- Appels à la démission -

Depuis la révélation de l'affaire mercredi, les appels à la démission de M. Temer, de dirigeants politiques et de manifestants dans la rue, se sont multipliés. A deux reprises, jeudi et samedi, le président a rejeté fermement cette option lors d'une allocution télévisée.

Mais la pression est forte: le puissant journal O Globo a publié vendredi un éditorial au vitriol demandant lui aussi sa démission.

Le chef de l'Etat pourrait être poussé à partir si sa majorité parlementaire s'effondre. Samedi, il a subi un premier coup dur avec la défection du Parti socialiste brésilien (PSB), qui dispose de 35 députés sur 513 à la chambre et compte un ministre au gouvernement, celui de l'Energie.

"Le sentiment de normalité que le gouvernement essaie de faire passer est illusoire. Nous devons mettre fin à cette paralysie et la priorité numéro 1 est la démission immédiate du président", a affirmé Julio Delgado, député du PSB.

Si M. Temer démissionne, la Constitution prévoit que le Parlement élise son successeur (pour terminer son mandat jusqu'à fin 2018) dans un délai de 30 jours, le président de la chambre des députés, Rodrigo Maia du parti DEM (droite), assurant l'intérim entre-temps.

- Demandes de destitution -

En moins d'une semaine, au moins huit parlementaires ont déposé des demandes d'impeachment, poussant le Tribunal suprême fédéral (STF) à ouvrir une enquête. Mais la procédure est longue et nécessite la majorité des deux tiers à la Chambre des députés puis au Sénat.

C'est par le biais de cette procédure que M. Temer est arrivé au pouvoir, il y a un an, après la destitution de Dilma Rousseff, dont il était le vice-président.

- Possible inculpation -

Le procureur général a demandé et obtenu l'ouverture d'une enquête par le STF contre Michel Temer pour "obstruction à la justice". Il aurait, en collaboration avec plusieurs hommes politiques influents, essayé d'"empêcher l'avancée" de l'opération "Lavage express", l'enquête tentaculaire ayant révélé le méga-scandale de corruption Petrobras. Pour pouvoir véritablement commencer l'enquête, le STF doit obtenir le feu vert des deux tiers des députés. Ensuite, s'il décide d'inculper le président, ce dernier serait écarté de ses fonctions.

- Annulation des élections -

Michel Temer pourrait également être forcé de quitter le pouvoir s'il est condamné par le Tribunal supérieur électoral (TSE), qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de sa campagne aux côtés de Mme Rousseff en 2014. Selon plusieurs analystes, le TSE pourrait décider d'accélérer sa prise de décision dans ce dossier, sous la pression de la crise politique actuelle.

js/ka/jh

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