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18/05/2017 05:22 EDT | Actualisé 18/05/2017 17:52 EDT

Venezuela : Maduro envoie des soldats pour rétablir l'ordre

Nicolas Maduro passe à l'affrontement frontal. Le président vénézuélien a ordonné mercredi le déploiement de 2000 soldats vers un État frontalier, près de la Colombie, après des pillages et attaques contre des installations de la police et de l'armée.

La plupart des magasins et des entreprises de San Cristobal, capitale de l'État de Tachira, étaient fermés et surveillés par des soldats mercredi, bien que le pillage ait continué dans certains secteurs plus pauvres. Dans les supermarchés, les denrées alimentaires les plus basiques se vendent à des prix démesurément élevés.

Des amoncellements de poubelles, des pneus de voiture et du sable jonchent encore les rues de cette ville qui a été également été le théâtre de manifestations antigouvernementales en 2014.

Des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues du Venezuela depuis début avril pour demander des élections anticipées, ainsi que la libération des militants emprisonnés. Le président Maduro est accusé d’être responsable de la profonde crise économique et de s’accrocher au pouvoir.

Le gouvernement accuse pour sa part les manifestants – qu’il qualifie de « terroristes » – de préparer un coup d’État.

Les Juifs du 21e siècle

Les Vénézuéliens vivant à l'étranger, dont beaucoup ont fui la crise économique du pays, ont récemment accosté les fonctionnaires de l'État et les membres de leur famille.

Maduro a comparé mardi ce harcèlement au traitement des Juifs sous le régime nazi.

« Nous sommes les nouveaux Juifs du 21e siècle, a déclaré Maduro lors d’une réunion de son Cabinet. Nous ne portons pas l'étoile jaune de David, nous portons des coeurs rouges qui sont remplis de désir de lutter pour la dignité humaine. Et nous allons les vaincre, ces nazis du 21e siècle. »

Les États-Unis avertissent l'ONU

Pendant ce temps, les États-Unis ont mis en garde mercredi les Nations unies contre le risque que la crise politique au Venezuela ne dégénère en un conflit d'envergure similaire à la situation en Syrie ou au Soudan du Sud.

Au moins 43 personnes ont été tuées ces dernières semaines lors de heurts entre les forces gouvernementales et des opposants au président.

Mercredi, le Conseil de sécurité des Nations Unies a porté son attention sur la crise du Venezuela pour la première fois.

Nikki Haley, ambassadrice onusienne des États-Unis, a estimé qu’il « est nécessaire que la communauté internationale dise ‘’respectez les droits de l'homme de votre population’’ ou cela va partir dans une direction vers laquelle nous avons vu tant d'autres partir ».