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18/05/2017 11:20 EDT | Actualisé 18/05/2017 17:52 EDT

Trump enclenche le processus de renégociation de l'ALENA

L'administration Trump a formellement notifié le Congrès, jeudi, qu'elle entend initier des négociations avec le Canada et le Mexique au sujet de la modernisation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Par cette mesure, Washington enclenche un processus de consultation d'une durée de trois mois avant le début des négociations à proprement parler, soit à la mi-août, au plus tôt.

La lettre a été envoyée au président de la Chambre des représentants Paul Ryan et au chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, entre autres.

Ce développement ne constitue pas une surprise pour Ottawa : plus tôt cette semaine le gouvernement de Justin Trudeau avait dit s'attendre à ce que l'accord soit revu, maintenant que le nouveau représentant commercial américain, Robert Lighthizer, a été confirmé dans ses fonctions.

Les États-Unis souhaitent que des changements significatifs soient apportés à l'ALENA, notamment en ce qui a trait aux produits laitiers, au bois d'œuvre, aux automobiles et aux produits pharmaceutiques.

L'administration américaine veut aussi que le processus de résolution de conflits, prévu par l'entente, soit modifié.

Le Secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, prévient le Congrès américain, de même que le Canada et le Mexique, que les États-Unis veulent désormais un commerce « libre et équitable ».

M. Ross affirme que l'industrie manufacturière américaine a été décimée par l'ALENA. Ses propos font écho à ceux de Donald Trump qui, en campagne électorale, avait qualifié l'ALENA de « désastre ».

L'argument central du Canada : l'emploi

Dans ces négociations désormais imminentes, le Canada a l'intention de faire valoir que l'ALENA a été bénéfique pour l'emploi dans tous les pays membres.

C'est d'ailleurs ce qu'a souligné la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, jeudi : « La feuille de route de l’ALENA est marquée par la croissance économique et la création d’emplois pour la classe moyenne, tant ici au Canada que partout en Amérique du Nord », a-t-elle déclaré, par voie de communiqué.

« Neuf millions d’emplois américains reposent sur le commerce et l’investissement avec le Canada, dit encore Mme Freeland. Nos économies et chaînes de valeur intégrées soutiennent des millions d’emplois d’un bout à l’autre du continent. »

Qu'est-ce qui sera renégocié?

Tel que mentionné dans la lettre de Robert Lighthizer, les États-Unis veulent que l'ALENA leur procure des emplois mieux rémunérés et fasse croître leur économie en améliorant les occasions d'affaires.

Dans sa lettre, M. Lighthizer souligne aussi la nécessité de mettre à jour des chapitres de l’accord « qui ne reflètent pas les normes modernes ». La lettre mentionne aussi que le commerce électronique n’en était qu’à ses débuts lorsque l’accord a été négocié, au début des années 1990.

Le Département américain du commerce considère que la nouvelle mouture de l’ALENA devra traiter des droits relatifs à la propriété intellectuelle, de la réglementation, des sociétés d’État, des services, des procédures douanières, des mesures sanitaires, du travail, de l’environnement et des petites et moyennes entreprises.

Mais il faudra attendre en juillet pour connaître précisément les intentions de Washington. En effet, en vertu des procédures contenues dans l'ALENA, les parties disposent de 30 jours avant le début formel des négociations pour spécifier leurs objectifs.