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18/05/2017 09:02 EDT | Actualisé 18/05/2017 09:20 EDT

Taxe Tobin: la Belgique dénonce une "hypocrisie"

Le Premier ministre belge, Charles Michel, a affirmé jeudi en avoir "marre de l'hypocrisie" sur la taxe Tobin, mise à mal avec le Brexit et qui doit faire l'objet d'une réunion lundi des ministres des Finances de la zone euro.

"Il n'est pas correct, pas loyal de systématiquement culpabiliser la Belgique", a dit M. Michel, selon des propos rapportés par l'agence de presse belge Belga et confirmés à l'AFP par son porte-parole.

La Belgique et la Slovaquie avaient été mises sous pression en mars dernier par l'Autriche pour avancer d'ici mai sur la taxe sur les transactions financières (TTF) et accepter un compromis présenté par Vienne, qui coordonne les travaux sur le dossier.

Outre ces trois pays, la France, l'Allemagne, le Portugal, la Slovénie, la Grèce, l'Espagne et l'Italie discutent de la mise en oeuvre de cette taxe, dans le cadre d'une "coopération renforcée", selon la terminologie européenne. Pour avoir lieu, une telle coopération doit au minimum comprendre neuf pays.

"Il faut ouvrir les yeux: il y a une évolution d'un contexte politique ces derniers mois en Europe", a-t-il ajouté, disant en avoir "marre de l'hypocrisie dans ce dossier".

"En Allemagne, il existe des craintes depuis le Brexit, en France, Emmanuel Macron, lorsqu'il était candidat (à l'élection présidentielle) a énoncé des doutes. Nous soutenons, nous essayons de convaincre plus de pays", a expliqué le Premier ministre, devant les députés belges.

Avec le Brexit, plusieurs places financières de l'Europe continentale espèrent pouvoir reprendre une partie des activités de la City, que les banques rapatrieraient dans la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Or, la TTF, si elle était mise en place, pourrait être considérée comme un sérieux désavantage pour les villes d'accueil.

"Il est possible pour ces pays de le faire sans nous, pourquoi ne le font-ils pas sans nous, si c'est si simple", a dit M. Michel.

L'idée de taxer les transactions financières remonte aux années 1970, avec la proposition de la taxe Tobin, du prix Nobel d'économie James Tobin.

Elle avait connu un nouvel élan en 2011 quand la crise financière faisait rage dans l'Union européenne. Les Etats ont alors déboursé des milliards d'euros provenant de l'argent des contribuables pour sauver les instituts financiers et il semblait donc légitime d'associer ces derniers au coût des crises futures.

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