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18/05/2017 11:18 EDT | Actualisé 18/05/2017 17:52 EDT

Robert Mueller le sauveur

Le vent a tourné à Washington mercredi soir, en à peine quelques heures. La nomination aussi inattendue que spectaculaire de Robert Mueller comme procureur spécial de l'enquête sur la Russie semble calmer tout le monde dans la capitale américaine.

Une analyse de Christian Latreille, correspondant à Washington

Tout le monde sauf Donald Trump.

La décision de l'assistant-procureur général des États-Unis, Rod Rosenstein, a été accueillie avec soulagement tant chez les démocrates que chez les républicains.

Cette décision pourrait redonner confiance aux Américains qui commençaient à douter de l'intégrité de leurs institutions.

Robert Mueller jouit d'une réputation d’intégrité à toute épreuve.

Il a dirigé le FBI durant 12 ans sous les présidents Bush et Obama. Il a été nommé à la tête du FBI quelques jours seulement après les attaques du 11 septembre 2001.

Plusieurs croient qu'il a d'ailleurs sauvé l'organisation à un moment où certains souhaitaient la scinder.

Robert Mueller va maintenant diriger une des enquêtes les plus sensibles de l'histoire américaine.

Il va bénéficier de pouvoir élargis et pourra fouiller partout, voire même interroger le président des États-Unis. Il aura une indépendance totale et des ressources illimitées.

Toutes les pierres seront retournées

Mueller va reprendre où le FBI est rendu dans cette investigation visant cette présumée collusion entre les Russes et l'équipe Trump pour tenter d'influencer l'élection présidentielle de novembre dernier.

Les dernières révélations du New York Times laissant entendre que Donald Trump a tenté de faire arrêter l'enquête sur son ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a semé la panique à Washington, cette semaine.

L'arrivée de Robert Mueller dans ce psychodrame national assure au moins aux Américains que toutes les pierres seront retournées dans cette enquête hautement politique.

Les pouvoirs du procureur spécial sont presque sans limites, mais ce genre d'enquête peut prendre du temps et mener partout et nulle part.

On l'a vu, dans les années 90, quand le procureur Kenneth Starr a commencé à enquêter sur les Clinton.

L'enquête portait, au départ, sur l'affaire immobilière Whitewater et s'est terminée par le scandale sexuel impliquant le président Bill Clinton et la stagiaire de la Maison-Blanche Monica Lewinsky.

La nomination de Robert Mueller est donc une très mauvaise nouvelle pour le président Trump qui qualifie, depuis le début, de foutaise toute cette histoire avec la Russie.

Son tweet de jeudi matin en dit long sur l'humeur du président.

C'est la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire du pays.

Donald Trump

Un calme précaire

Mais l'administration Trump est maintenant coincée. Elle devra se soumettre à cette enquête. Plus elle résistera, plus les doutes vont persister.

Mercredi soir, dans un communiqué, au lieu d'offrir sa pleine collaboration au nouveau procureur spécial, le président Donald Trump a répété qu'il n'y avait jamais eu de collusion entre son équipe et un autre pays.

La bonne nouvelle pour la Maison-Blanche est qu'à partir de maintenant, les questions au sujet de la Russie seront redirigées vers le nouveau procureur spécial.

Sean Spicer, le porte-parole de Trump, doit respirer un peu mieux.

Un calme précaire règne donc à Washington après des mois de tempête. Mais à force de vivre dans la ville de toutes les intrigues politiques, on apprend à se méfier des eaux qui dorment.

Un tweet est si vite arrivé.