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18/05/2017 17:29 EDT | Actualisé 18/05/2017 17:52 EDT

Québec mettra les bouchées doubles pour faire aboutir le projet de loi sur l'adoption

Des pourparlers entre le gouvernement de Philippe Couillard et les partis d'opposition à Québec ont permis de devancer l'étude du projet de loi 113 sur l'adoption, une bonne nouvelle pour les milliers de personnes adoptées en sol québécois qui désirent faire la lumière sur leurs origines.

L'Assemblée nationale se penchera pendant trois semaines en juin sur ce projet de loi, ce qui est nettement plus rapide que prévu.

« Nous nous réjouissons qu'à la suite de nos interventions des derniers jours et, bien sûr, des interventions très percutantes et touchantes des personnes adoptées, le gouvernement ait changé son fusil d'épaule », a déclaré la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon.

Au départ, il était prévu que le très attendu projet de loi 113 soit étudié après celui sur la neutralité religieuse (le controversé projet de loi 62) et celui touchant à l’admission aux professions et à la gouvernance du système professionnel (projet de loi 98). Les discussions ardues qui s'annonçaient sur la question de la neutralité religieuse ont fait craindre aux personnes adoptées que le projet de loi 113 ne devienne jamais une loi.

Jeudi, le leader parlementaire du gouvernement de Philippe Couillard, Jean-Marc Fournier, a annoncé que le calendrier législatif était modifié pour d'abord mener à bien l'étude du projet de loi 113.

Pour que les discussions aillent rondement, « il serait utile que tous les amendements proposés par les formations politiques sur l'adoption soient obtenus par tout le monde, dès le départ, pour se concentrer sur les difficultés, là où il doit y avoir des échanges » a recommandé Jean-Marc Fournier jeudi, lors d'un impromptu de presse dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Le but du gouvernement Couillard est désormais d'adopter le projet de loi 113 avant de clore la session parlementaire, fin juin.

Tout comme le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) accueille la nouvelle avec satisfaction : « Ça, ça touche des centaines voire des milliers de Québécois qui ont été adoptés dans les années 1940, 1950 et 1960, a expliqué le député de Borduas, Simon Jolin-Barrette. Je pense qu'on doit procéder d'ici la fin de la session avec l'étude du projet de loi. »

Comprendre qui on est et d'où on vient

Le projet de loi 113 prévoit une période transitoire de 18 mois qui permettra aux parents biologiques d'inscrire un refus. Passé ce délai, si aucun refus n'a été exprimé, les enfants auront accès à leur dossier. Pour le moment, les gens qui ont été adoptés n’ont accès à aucune information concernant leurs parents biologiques si ceux-ci n’ont pas donné leur accord officiel pour qu’elles soient divulguées, et ce, même si le parent est mort ou introuvable.

La quête des origines pour les personnes adoptées revêt une importance accrue considérant qu'elles n'ont aucune idée des antécédents médicaux de leur famille biologique. Au Québec, le Mouvement Retrouvailles, un organisme sans but lucratif, compte plus de 13 000 membres.

Toutefois, pour donner préséance au projet de loi 113, l'étude d'autres projets de loi sera repoussée. Et pas les moindres : ce sera le cas pour le projet de loi 128 sur l'encadrement des chiens dangereux et le 133, celui obligeant policiers et constables spéciaux à porter l’uniforme par les policiers.