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18/05/2017 09:36 EDT | Actualisé 18/05/2017 09:40 EDT

Philippe Falardeau n'a pas vraiment voulu faire un film de boxe avec «Chuck»

En réalisant un film sur le boxeur ayant inspiré le personnage culte de Rocky interprété par Sylvester Stallone, le cinéaste québécois Philippe Falardeau voulait frapper droit au coeur.

Mais il devait d'abord convaincre le principal intéressé, l'ancien boxeur poids lourd du New Jersey Charles (Chuck) Wepner, à l'occasion d'un souper de steaks à Manhattan.

Philippe Falardeau a dit croire qu'il l'avait déçu en affirmant d'entrée de jeu qu'il ne s'agirait pas vraiment d'un «film de boxe». Le cinéaste s'est tourné vers la conjointe du boxeur, Linda, et a ajouté que le récit en était un de «salut par l'amour».

«Je poussais peut-être un peu. (...) Mais ses yeux se sont mouillés et elle a certainement compris ce que cela signifiait de son point de vue. J'ai su que je l'avais touchée et qu'elle parlerait (à son conjoint)», a-t-il relaté.

«Une semaine plus tard, il m'a appelé et a dit : "Philippe, je ne sais pas ce que tu as fait à ma femme ce soir-là, mais elle t'adore et elle ne cesse de parler de toi."»

Chuck, qui sort en salles vendredi, notamment à Toronto, Montréal, Québec et Sherbrooke, met en vedette Liev Schreiber dans le rôle du boxeur qui a tenu tête à des champions comme Mohamed Ali, contre lequel il est demeuré dans le ring durant 15 rondes.

Elisabeth Moss incarne la première femme de Charles (Chuck) Wepner, Phyllis, et Naomi Watts interprète le rôle de sa deuxième épouse, Linda. Également à l'affiche figurent Pooch Hall dans le rôle de Mohamed Ali et Morgan Spector dans celui de Sylvester Stallone.

Liev Schreiber a également coscénarisé le film, qui s'attarde davantage à la vie du boxeur à l'extérieur du ring qu'entre les câbles. Ancré dans les années 1970, le récit montre le boxeur à l'approche de la fin de sa carrière, alors que la célébrité lui monte à la tête.

Phyllis en avait assez des frasques de son mari boxeur et de ses infidélités, et l'a quitté. Linda, qui avait travaillé dans certains des bars qu'il fréquentait, savait comment le prendre. Les deux travaillent actuellement dans le commerce de boissons au New Jersey.

«Il ne s'agissait pas du milieu dans lequel il a grandi ou la violence durant son enfance, ce qui est souvent le cas avec des personnages de boxeurs», a souligné Philippe Falardeau, dont le drame Monsieur Lazhar avait été nommé en 2011 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère aux Oscars.

«Dans ce cas, il s'agit de cet éternel enfant, presque innocent, charismatique et confiant qui ne pouvait tout simplement pas gérer la célébrité.»

Philippe Falardeau a décroché une distribution éclatante - de même que des images d'archive - avec un budget relativement mince.

«Nous avons commencé avec 3,7 millions $ et nous nous sommes battus pour nous rendre à 5 millions $ avec la postproduction», a confié le cinéaste.

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