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18/05/2017 10:11 EDT | Actualisé 18/05/2017 10:11 EDT

Marie-Ève Maillé, chercheuse à l'UQAM, en cour pour protéger ses sources

Marie-Ève Maillé/Radio-Canada

Marie-Ève Maillé, une chercheuse de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), devra attendre encore plusieurs semaines avant de savoir si la décision qui l'oblige à divulguer certaines données confidentielles à propos d'une recherche qu'elle a réalisée sera renversée.

Le juge Marc St-Pierre a pris la cause en délibéré, mercredi, au palais de justice de Victoriaville, où la chercheuse de l'UQAM tentait de le convaincre de renverser la décision qui l'obligerait à dévoiler les sources de son étude Information, confiance et cohésion sociale dans un conflit environnemental lié à un projet de parc éolien au Québec, conduite dans le cadre de son doctorat en communication sur les éoliennes.

En 2014, un groupe de citoyens de la MRC de l'Érable a intenté un recours collectif contre l'entreprise Éoliennes de l'Érable. L'entreprise a obtenu une ordonnance de la cour afin de contraindre la chercheuse Marie-Ève Maillé à lui révéler les noms des participants à une étude qui fait état de la détérioration du climat social dans les communautés où son parc éolien a été construit.

Au total, 93 participants ont été interrogés dans le cadre de son doctorat déposé en 2012. Ils ont indiqué à la chercheuse s'ils étaient « pour ou contre le projet » éolien.

Cette première juridique a inquiété la communauté scientifique canadienne, qui estimait alors que la démarche de l'entreprise Éoliennes de l'Érable à l'endroit de cette professeure associée de l'UQAM pourrait porter atteinte à la confidentialité des sources universitaires, risquant du coup de freiner la participation des citoyens aux recherches canadiennes.

La Cour a aussi ordonné à la chercheuse de fournir toutes les données brutes qui ont servi à l'analyse, dont les enregistrements audio des entretiens réalisés avec les citoyens qui se sont confiés à elle.

L'avocat qui pilote le recours collectif des citoyens juge l'ordonnance inutile puisque la recherche de Mme Maillé ne sera plus déposée en preuve lors de la procédure judiciaire dont les audiences sont prévues au printemps 2018.

« Pourquoi on veut avoir l'information, les noms? Pourquoi on veut avoir de l'information spécifique à ce point là dans le cadre d'un recours collectif? Je ne voyais pas l'utilité ni la pertinence outre que d'aller gratter le bobo », souligne Me David Bourgouin.

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