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18/05/2017 03:11 EDT | Actualisé 18/05/2017 03:40 EDT

Les médecins de l'ombre de la présidente sud-coréenne déchue condamnés

Deux chirurgiens-plasticiens qui avaient traité l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, dont un qui lui avait injecté des extraits de placenta humain, ont été condamnés jeudi en lien avec le scandale de corruption qui a entraîné sa destitution.

Ces deux condamnations, et celles prononcées par la même occasion contre trois autres prévenus, sont les premières dans cette retentissante affaire qui a ébranlé le pays.

Mme Park, dont la destitution a été confirmée en mars, attend actuellement en détention le début de son procès pour abus de pouvoir, corruption ou encore divulgation de secrets d'Etat.

L'affaire est centrée sur l'influence d'une vieille amie de l'ex-présidente, Choi Soon-Sil, qui a profité de ses relations pour extorquer 70 millions de dollars à des conglomérats sud-coréens.

Tous les prévenus de ce scandale à tiroir ne sont pas jugés en même temps, et les premières condamnations sont tombées jeudi.

Kim Sang-Man, qui avait injecté des extraits de placenta humain à la présidente, a lui été condamné à une amende de 10 millions de wons (8.000 euros) pour s'être appuyé sur des diplômes de médecine falsifié pour traiter secrètement l'ex-présidente.

Un autre chirurgien, Kim Young-Jae, a écopé d'une peine de 18 mois de prison avec sursis pour parjure, pour avoir affirmé à une commission d'enquête parlementaire qu'il n'avait donné aucun traitement cosmétique à Mme Park, avant de reconnaître qu'il lui avait injecté du Botox.

Mme Park était connue pour l'attention extrême qu'elle portait à son apparence physique, et notamment pour sa coupe de cheveux très élaborée nécessitant des dizaines d'épingles. Elle refusait d'être vue en public sans être passée entre les mains de ses stylistes.

Fille du dictateur Park Chung-Hee, assassiné en 1979, Mme Park fut considérée pendant des décennies comme "la princesse" politique du pays.

Le scandale avait soulevé des questions sur l'influence de Mme Choi, y compris sur la vie personnelle de la présidente.

L'enquête a montré que Mme Park avait été soignée par ces deux médecins proches de Mme Choi, mais non membres de l'équipe de la présidence.

Son épouse a également été condamnée jeudi par le tribunal du district central de Séoul à un an de prison pour avoir soudoyé le principal conseiller économique de Mme Park en échange de faveurs pour son entreprise.

Deux autres médecins ont aussi été condamnés.

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