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18/05/2017 06:47 EDT | Actualisé 18/05/2017 07:00 EDT

La Turquie ne "suppliera" pas les Allemands de rester à Incirlik

La Turquie ne "suppliera" pas les Allemands de rester dans la base d'Incirlik située en Turquie, qui sert aux opérations de la coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique et dont l'Allemagne a menacé cette semaine de se retirer.

"C'est à eux de voir, nous ne les supplierons pas" de rester, a déclaré Mevlüt Cavusoglu jeudi, interrogé par la chaîne privée NTV.

La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié lundi l'interdiction faite par Ankara à des députés allemands de se rendre sur la base d'Incirlik, où sont déployés des soldats allemands, de "regrettable" et évoqué de possibles "alternatives à Incirlik", comme la Jordanie.

"S'il n'est plus possible de travailler normalement à Incirlik -et cela implique les visites de députés du Bundestag- alors nous devrons chercher des alternatives", a dit mercredi le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, au journal local Neue Osnabrücker Zeitung.

Qu'Ankara "cherche à faire du chantage au Parlement allemand est à la limite du supportable", a poursuivi M. Gabriel.

"Je ne peux qu'espérer que le gouvernement turc va changer d'avis dans les jours à venir", a-t-il également déclaré. "Sinon, la chambre des députés ne va plus laisser nos soldats aller en Turquie".

"Si le ministre allemand des Affaires étrangères a dit une telle chose, c'est irrespectueux", a estimé jeudi M. Cavusoglu, ajoutant que des entretiens diplomatiques avaient lieu pour relancer les relations turco-allemandes.

Ankara n'a pas officiellement expliqué les raisons qui ont motivé l'interdiction de la visite des députés allemands, mais Berlin soupçonne la Turquie de punir l'Allemagne pour avoir accordé l'asile politique à des militaires turcs qui en avaient fait la demande après les purges déclenchées à la suite du coup d'Etat manqué de juillet 2016.

Berlin et Ankara, alliés au sein de l'Otan, multiplient depuis un an les passes d'armes et les crises diplomatiques, la Turquie accusant régulièrement l'Allemagne d'ingérence ou de soutien à des groupes "terroristes" comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré jeudi matin espérer que Berlin et Ankara "trouveront un moyen de régler la dispute", affirmant que ce problème "bilatéral" n'avait "aucun effet" sur les activités de l'Otan.

Mais M. Gabriel, après une rencontre à Washington avec le conseiller américain à la Sécurité nationale, le général H.R. McMaster, a estimé qu'il s'agissait "de bien plus que d'un problème bilatéral" et que ça "devait aussi être un sujet pour l'Otan".

"Nous espérons voir un changement de position autour du sommet de l'Otan" le 25 mai à Bruxelles, "et les Américains vont essayer de nous aider", a ajouté le chef de la diplomatie allemande.

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