NOUVELLES
18/05/2017 03:35 EDT | Actualisé 18/05/2017 03:40 EDT

La CIJ ordonne de surseoir à l'exécution d'un "espion" indien au Pakistan

La Cour internationale de Justice (CIJ) a ordonné jeudi au Pakistan de surseoir à l'exécution d'un Indien condamné pour espionnage, comme l'avait réclamé New Delhi.

L'Inde avait saisi début mai la CIJ, lui demandant d'empêcher cette exécution. La Cour doit encore décider si elle est recevable. Les audiences et la décision finale peuvent prendre des mois si ce n'est des années.

En attendant, dans une décision contraignante prise à l'unanimité sur le sort de Kulbhushan Sudhir Jadhav, les juges de la CIJ, organe judiciaire principal de l'ONU, ont estimé qu'Islamabad devait suspendre l'exécution.

"Le Pakistan doit prendre toutes les mesures à sa disposition pour s'assurer que M. Jadhav ne soit pas exécuté en attendant la décision finale dans cette procédure", a déclaré le président de la cour Ronny Abraham.

Soulignant que les décisions de la CIJ étaient contraignantes pour tous les pays membres, il a également ordonné au Pakistan d'informer la cour de la bonne exécution de son jugement.

Selon le magistrat, Islamabad "n'a pas fourni d'assurances" sur le fait que M. Jadhav ne soit pas exécuté avant la décision finale de la CIJ. Elle a donc estimé qu'il y avait urgence dans cette affaire.

Lors d'une audience publique en urgence lundi, des avocats de New Delhi avaient présenté leur requête pour stopper l'exécution de M. Jadhav, estimant que cet "Indien innocent, incarcéré au Pakistan depuis plus d'un an avec des accusations fabriquées" était victime d'une "grave erreur judiciaire".

Selon Islamabad, M. Jadhav avait été arrêté en mars 2016 dans la province pakistanaise instable du Baloutchistan et aurait avoué être un espion. Il a été condamné à mort par une cour martiale en avril.

L'Inde, qui a toujours démenti que l'homme soit un espion, accuse le Pakistan de l'avoir "enlevé en Iran où il se livrait à des activités commerciales après avoir pris sa retraite de la Marine indienne". New Delhi accuse en outre Islamabad de "graves violations de la convention de Vienne sur les relations consulaires".

La dernière fois que l'Inde et le Pakistan ont porté un différend devant la CIJ remonte à l'affaire d'un avion pakistanais abattu en août 1999. La cour avait alors estimé qu'elle n'était pas compétente.

L'Inde et le Pakistan s'accusent régulièrement d'envoyer des espions et il n'est pas rare qu'ils expulsent des diplomates accusés d'espionnage, notamment lorsque leurs relations se tendent. Mais cela s'est rarement soldé par des condamnations à mort ces dernières années.

jkb/pdw/lch/ib