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18/05/2017 05:24 EDT | Actualisé 18/05/2017 05:40 EDT

L'Otan dans la coalition anti-EI : un "signal politique" mais pas de combats (Stoltenberg)

Certains pays de l'Otan estiment qu'il faut envoyer un "signal politique" en rejoignant formellement la coalition contre le groupe jihadiste Etat islamique, mais il n'est "pas question" de s'engager dans des opérations de combat, a indiqué jeudi son patron Jens Stoltenberg.

"Les Alliés qui y sont favorables font valoir qu'en rejoignant la coalition, l'Otan pourrait envoyer un message de soutien politique (...) et nous pourrions aussi avoir une meilleure plateforme pour coordonner le soutien de l'Otan à la coalition", a déclaré M. Stoltenberg en arrivant à une réunion des ministres de la Défense de l'UE à Bruxelles.

Les Etats-Unis, qui dirigent cette coalition internationale menant depuis 2014 des frappes aériennes contre l'EI en Irak et en Syrie, demandent depuis plus d'un an que l'Otan en devienne un membre à part entière. Chacun des 28 Etats membres de l'Otan en fait déjà partie à titre individuel.

Mais jusqu'ici, plusieurs pays de l'Alliance n'y étaient pas favorables. Des pays comme l'Italie ou la France notamment craignent que cela écorne l'image de l'Otan, dont la participation aux frappes en Libye en 2011 a laissé de mauvais souvenirs dans le monde arabe, selon une source diplomatique.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président américain Donald Trump, qui avait qualifié l'Otan d'"obsolète", réclame de ses alliés qu'ils en fassent davantage dans la lutte contre le terrorisme. Il espère récolter des résultats en ce sens lors du premier sommet avec ses homologues de l'Alliance jeudi prochain à Bruxelles.

Pour aider la coalition, l'Otan a augmenté le nombre de ses puissants avions de surveillance Awacs volant dans l'espace aérien turc, ce qui permet aux Alliés de mieux appréhender ce qui se passe en Irak et Syrie voisines. Et elle a commencé à former des officiers irakiens en Irak, en fournissant notamment des kits de déminage.

"Il est absolument hors de question que l'Otan s'engage dans des opérations de combat", a insisté M. Stoltenberg. "Cela n'a pas été demandé et personne ne (le) veut", a-t-il poursuivi. "Il s'agit pour l'Otan de soutenir la coalition, par de l'entraînement" de soldats irakiens, "des avions de surveillance Awacs et une plateforme pour coordonner ces activités" avec la coalition, a-t-il décrit.

Les Etats-Unis ont toutefois à l'esprit une future mission plus étendue pour l'Otan en Irak après la défaite de l'EI.

Mercredi soir, le chef d'état-major inter-armées américain, le général Joe Dunford, a estimé que l'Alliance était "idéalement positionnée pour fournir une mission d'entraînement" afin d'aider, "sur une longue période" de temps, l'armée irakienne à se développer en matière "de logistique, d'acquisitions, de développement de capacités, de formation de cadres et d'académies".

axr/mla/lb