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18/05/2017 16:03 EDT | Actualisé 18/05/2017 17:52 EDT

L'opposition rejette en bloc la nomination « partisane » de Madeleine Meilleur aux langues officielles

Le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes se réunissait, jeudi, afin d'étudier la nomination de Madeleine Meilleur au poste de commissaire aux langues officielles. Loin de faire l'unanimité, la candidature de l'ex-députée libérale provinciale d'Ottawa-Vanier a été vivement critiquée par l'opposition.

Un texte de Yasmine Mehdi

Infirmière, avocate, conseillère municipale, puis députée à Queen's Park, Madeleine Meilleur a occupé pendant 12 ans la fonction de ministre déléguée aux Affaires francophones.

Lors de sa présentation, l'ex-ministre a affirmé qu'elle avait « toujours souscrit aux règles d'éthique et d'imputabilité rattachées aux postes » qu'elle a occupés.

J'aimerais que les gens m'évaluent sur ce que je ferai. Je ne peux pas effacer 13 ans de politique partisane.

Madeleine Meilleur

Accusations de partisanerie

Si les membres libéraux du Comité ont applaudi le lègue de Mme Meilleur, les membres de l'opposition se sont vivement opposés à sa nomination.

Bernard Généreux, député conservateur, a notamment souligné que l'ex-élue provinciale avait fait des dons au Parti libéral du Canada totalisant 5000 $, en plus de contribuer à la course à la chefferie de Justin Trudeau à hauteur de 500 $.

« [Ces contributions] viennent porter ombrage à votre candidature dans la mesure où on peut y voir une partisanerie », a-t-il lancé.

Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique, a longuement interrogé Mme Meilleur quant à ses liens avec le Parti libéral du Canada.

L'ex-députée provinciale d'Ottawa-Vanier a admis avoir assisté, lors de la dernière campagne électorale, à une réception organisée par des avocats en l'honneur de Justin Trudeau. Mme Meilleur a néanmoins soutenu qu'elle ignorait s'il s'agissait ou non d'une soirée de financement.

L'ex-ministre ontarienne a aussi expliqué avoir rencontré Gerald Butts et Katie Telford, deux proches conseillers du premier ministre, avant sa nomination.

« Vous êtes trop collée sur les Libéraux et Justin Trudeau a fait une erreur », a conclu M. Mulcair.

L'opposition dénonce un manque de consultation

Le député conservateur John Nater a pour sa part déploré que le Parti libéral n'ait pas consulté l'opposition quant au choix de celle qui remplacera Graham Fraser.

En vertu de l'article 49.1 de la Loi sur les langues officielles, « chacun des partis reconnus au Sénat et à la Chambre des communes » doit être consulté avant qu'un commissaire soit nommé.

M. Nater a affirmé que Rona Ambrose, chef du Parti conservateur, avait été informée de la nomination le 8 mai. Mme Meilleur a pour sa part déclaré qu'elle avait mise au courant que sa candidature irait de l'avant à la fin du mois d'avril.

« Je ne suis pas responsable du processus. Un poste était ouvert, j'ai déposé ma candidature, je suis passée par un processus rigoureux et j'ai été sélectionnée grâce à ma compétence et à ma feuille de route », s'est-elle défendu.

Questionnée par l'opposition, Mme Meilleur a expliqué comprendre l'inquiétude de certains députés, mais a assuré qu'elle saurait rester objective dans l'exercice de ses fonctions.

La controverse se poursuit à la Chambre des communes

La question de la nomination de Madeleine Meilleur a refait surface lors de la période des questions aux Communes, jeudi après-midi.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a défendu le choix de son gouvernement. Elle a souligné que Mme Meilleur était « la meilleure candidate pour cette fonction », de tous les postulants ayant été rencontrés.

« Il ne s'agit pas de l'intégrité ou de l'expérience de Madeleine Meilleur. Il s'agit d'un processus de consultation bidon », a rétorqué M. Mulcair.

Plusieurs députés de l'opposition ont dit s'inquiéter de la désignation prochaine d'un nouveau commissaire à l'éthique, le mandat de Mary Dawson prenant fin le 8 juillet.

« Quel donateur du Parti libéral doit-on s'attendre à voir dans le rôle de commissaire à l'éthique? », a ironisé le député conservateur de la circonscription Barrie-Innisfil John Brassard.