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18/05/2017 08:40 EDT | Actualisé 18/05/2017 09:00 EDT

L'ex-Allemagne de l'Est plus vulnérable à la xénophobie (étude)

Le régime de l'ex-Allemagne de l'Est (RDA) a créé un terrain propice à la xénophobie, qui a prospéré après la Réunification allemande dans certaines régions pour des raisons à la fois économiques et culturelles, selon une étude présentée jeudi.

Le gouvernement de la chancelière Angela Merkel a commandé cette étude de quelque 200 pages visant à comprendre les raisons du nombre disproportionné de violences à caractère raciste dans l'est du pays et du succès des mouvances populistes, comme l'Alternative pour l'Allemagne (Afd).

Sans vouloir "stigmatiser les Allemands de l'Est", les auteurs du document réalisé par l'institut de recherche sur la démocratie de Göttingen (ouest) notent des prédispositions historiques à la xénophobie, nourrie d'abord par la dictature nazie, puis la mise en place de la dictature communiste sous la férule de Moscou.

Jusqu'à la chute du Mur en 1989, les Allemands de l'Est ont vécu dans une "société littéralement fermée". Même si le pays a aussi fait venir ses travailleurs étrangers de pays communistes alliés, Cuba, le Vietnam ou le Mozambique, ils ont vécu dans des mondes complètement séparés.

C'est cette absence de confrontation au quotidien avec des étrangers qui fait cruellement défaut aux Allemands de l'Est, souligne l'étude, présentée à environ quatre mois des élections législatives dans le pays.

Mais d'autres facteurs jouent aussi: un fort sentiment d'injustice, en particulier dans les régions les plus défavorisées au niveau économique.

"L'extrémisme de droite n'est pas seulement un problème Est-Ouest, mais aussi ville et périphérie", souligne Iris Gleicke, du ministère de l'Economie, responsable des questions liées à l'ex-Allemagne de l'Est.

Les petites villes de l'Est n'ont pas seulement été "désindustrialisées" mais également "dépolitisées", souligne-t-elle, insistant sur la nécessité pour les autorités locales de s'opposer aux dérives d'extrême droite et d'encourager les débats politiques de fond.

"Une passivité, ou une neutralité (...) peuvent avoir des conséquences désastreuses", a ajouté la responsable, pour qui l'hostilité latente contre les étrangers, en particulier contre les musulmans, dans l'ancienne Allemagne communiste représente "une menace sérieuse" pour l'avenir de ces régions.

Concernant Dresde, cité plutôt bourgeoise de quelque 500.000 habitants et berceau du mouvement anti-islamiste Pegida, le document évoque un sentiment "d'exceptionnalité saxonne", mélangée à une "culture du souvenir qui porte au rang de mythe son statut de victime" après les bombardements dévastateurs des Alliés lors de la Deuxième guerre mondiale.

L'étude avait été commandée après la publication d'une forte progression des attaques à caractère raciste en 2015, année où l'Allemagne a recueilli 890.000 migrants.

De quelque 990 cas en 2014, les agressions violentes attribuées à des extrémistes de droite avaient grimpé à 1.408 l'année suivante.

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