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18/05/2017 02:50 EDT | Actualisé 18/05/2017 03:00 EDT

Espagne: le socialiste Sanchez n'écarte pas un rapprochement avec Podemos

Pedro Sanchez, candidat à la direction du Parti socialiste espagnol, a défendu jeudi un rapprochement avec Podemos, grand rival du PSOE à sa gauche, pour construire une "alternative" au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

Pedro Sanchez, l'un des trois candidats aux primaires de dimanche, cruciales pour l'avenir du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a déclaré à la radio Cadena SER que "le Parti socialiste doit être l'alternative au Parti populaire" (PP) de Mariano Rajoy, qui gouverne en minorité.

C'est pourquoi "s'il faut se mettre d'accord avec Podemos, avec Ciudadanos (centre-droit, ndlr), avec des mouvements qui permettent de construire des majorités alternatives au PP, pourquoi ne pourrions-nous pas le faire ?"

En 2016, Pedro Sanchez avait déjà tenté de former un gouvernement avec Podemos et Ciudadanos, mais n'était parvenu qu'à s'allier aux seconds.

Sa tentative de rapprochement avec Podemos, dont le leader Pablo Iglesias aspire ouvertement à supplanter les socialistes à la tête de l'opposition, lui avait valu de dures critiques internes.

Pedro Sanchez a cependant rappelé jeudi que les socialistes ont déjà scellé des pactes au niveau municipal ou régional, comme dans la région de Valence (est) où ils gouvernent en coalition avec Podemos ou en Andalousie (sud), où Ciudadanos leur a permis de conserver le pouvoir.

Il souhaite également "présenter une motion de censure" contre le gouvernement de Mariano Rajoy, dont le PP est englué dans d'innombrables affaires de corruption.

Podemos défend sa propre motion de censure "contre la corruption".

Pedro Sanchez a précisé qu'il ne s'associerait pas à l'initiative de Podemos, assurant que la motion de censure devait être "menée par le Parti socialiste" et avoir assez de soutiens pour réussir.

Les adhérents socialistes voteront dimanche pour choisir leur leader parmi Pedro Sanchez, la présidente régionale de l'Andalousie Susana Diaz, et l'ancien président du Pays basque Patxi Lopez.

Premier secrétaire général élu directement par les militants en juillet 2014, Pedro Sanchez a été destitué en octobre 2016 par le bureau exécutif du parti après une série de revers électoraux.

La commission gestionnaire assurant son intérim avait permis à Mariano Rajoy, vainqueur des dernières législatives mais sans majorité absolue, d'être reconduit à la tête du gouvernement en s'abstentant lors d'un vote d'investiture à l'assemblée.

Pour Pedro Sanchez, cette décision a représenté une "erreur" et une trahison des militants.

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