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16/05/2017 05:43 EDT

Un peu d’oxygène dans la course du NPD avec l’arrivée de Jagmeet Singh

En annonçant qu'il se portait candidat dans la course au leadership du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh a déjà relevé un défi de taille : celui de braquer les projecteurs sur un parti en mal d'attention.

Une analyse de Fannie Olivier

Dans une salle bien remplie en banlieue de Toronto, Jagmeet Singh a fait ses premières foulées dans la course néo-démocrate en tentant d’expliquer les motivations derrière son saut sur la scène fédérale.

Coiffée d’un turban du même orange vif que celui du parti, l’étoile montante de la gauche a confié avoir dû subir les railleries de ses camarades lorsqu’il était enfant. Il veut désormais construire un pays plus équitable, où chacun aura sa place.

Il y a une soif au Canada, et dans notre parti, pour un nouveau leadership, pour une nouvelle direction rassembleuse, pour bâtir un Canada inclusif, où chacun peut réaliser ses rêves.

Jagmeet Singh, candidat à la direction du NPD

Jagmeet Singh n’est certainement pas le premier politicien à vouloir faire de la politique autrement ou inventer un « nouveau leadership ». Son arrivée dans la course à la succession de Thomas Mulcair est toutefois perçue comme une bouffée d’oxygène dans les rangs néo-démocrates.

Celui qui s’est fait élire sous la bannière néo-démocrate ontarienne en 2011 sait assurément attirer l’attention des médias. Le magazine masculin américain GQ a publié une longue entrevue de lui dans son édition de février. L’élu de 38 ans a par ailleurs décroché le titre de l’homme politique canadien le mieux habillé à des kilomètres à la ronde, selon les critères du site Buzzfeed.

Le politicien de la région de Toronto est charismatique et a de l’assurance. Celui qui pratique les arts martiaux mixtes se dit d’ailleurs être prêt à en découdre avec Justin Trudeau, sur le ring comme dans l’arène politique.

Une course au ralenti

Plusieurs au NPD attendaient avec impatience qu’il se présente sur les blocs de départ. D’anciens collaborateurs de Jack Layton, chez qui Thomas Mulcair était peu apprécié, se rangent déjà derrière lui.

On espère que son arrivée éperonnera la course néo-démocrate. Jusqu’à présent, elle s’est déroulée dans l’ombre de celle des conservateurs, dont le gagnant sera dévoilé à la fin du mois. Même les membres néo-démocrates étaient plutôt froids. Au cours du premier trimestre de 2017, les candidats ont amassé des sommes très modestes en financement.

Les quatre députés actuellement candidats – le Québécois Guy Caron, l’Ontarien Charlie Angus, la Manitobaine Niki Ashton et le Britanno-colombien Peter Julian – pourraient être forcés d’accélérer la cadence sur ce front. Ils pourraient d’ailleurs bénéficier par ricochet de l’intérêt que pourrait aviver M. Singh pour la course.

Recette pour une nouvelle vague orange?

La partie n’est toutefois pas automatiquement gagnée pour lui et Jagmeet Singh devra se faire connaître hors de Toronto et de ses banlieues. Il aura à prouver qu’il n’est pas qu’un candidat de la grande ville, mais qu’il saura faire le pont avec les régions rurales au pays.

Jagmeet Singh aura par ailleurs à démontrer qu’il se préoccupe véritablement du Québec. Dans son discours lundi soir, il a bien expliqué comment sa sensibilité pour l’importance de la langue dans l’épanouissement de la culture l’avait amenée à apprendre le français. Or, le politicien n’a toujours pas avancé de piste de réflexion pour répéter l’exploit de la vague orange au Québec en 2011.

Enfin, à titre de candidat issu d’une minorité visible qui affiche clairement son identité religieuse, il aura certainement à briser les préjugés que des électeurs pourraient avoir à son égard.