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16/05/2017 03:54 EDT | Actualisé 16/05/2017 04:00 EDT

Syrie/prison de Saydnaya: Paris réclame une enquête internationale

La France a indiqué mardi avoir pris connaissance "avec inquiétude et horreur" des informations américaines sur l'existence d'un crématorium pour brûler les prisonniers assassinés dans une prison syrienne, et réclamé une "enquête internationale dans les meilleurs délais".

"Cette accusation est d'une extrême gravité", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, soulignant que le régime syrien avait "un lourd passif de terreur derrière lui".

"La France demande qu'une enquête internationale soit diligentée dans les meilleurs délais sur (la prison de) Saydnaya", et "appelle les soutiens du régime, en particulier la Russie, à utiliser ses leviers sur Damas" pour autoriser l'accès à la Commission d'enquête internationale, et au Comité international de la Croix-Rouge.

Les Etats-Unis ont accusé lundi la Syrie d'avoir brûlé dans un "crématorium" une partie des milliers de prisonniers assassinés ces dernières années. Le département d'Etat a dévoilé des photos satellites "déclassifiées" de ce qu'il a présenté comme étant le complexe pénitentiaire de Saydnaya, au nord de Damas.

Sur ces clichés datés d'avril 2017, d'avril 2016, de janvier 2015 et d'août 2013, on voit des bâtiments, dont l'un est légendé "prison principale" et l'autre "probable crématorium".

Ces allégations relaient un rapport, photos satellites à l'appui, qu'avait publié en février Amnesty International, qui accusait le régime syrien d'avoir pendu 13.000 personnes entre 2011 et 2015 dans cette prison de Saydnaya. L'organisation avait dénoncé une "politique d'extermination" constituant des "crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Amnesty n'avait cependant pas évoqué de "crématorium" et Damas avait contesté un rapport "totalement faux".

Le régime a rejeté les nouvelles accusations américaines, qualifiées de "totalement infondées".

cf/thm/glr