NOUVELLES
16/05/2017 07:20 EDT | Actualisé 16/05/2017 07:40 EDT

Sécurité maximale et ultimes préparatifs avant le défilé de stars à Cannes

Des forces de sécurité plus imposantes que jamais et un défilé de stars sans précédent : à J-1, les petites mains s'affairaient mardi aux ultimes préparatifs de la 70e édition du Festival de Cannes.

Policiers, gendarmes, militaires, forces aéronavales : "jamais il n'y a eu autant" de moyens déployés pour la sécurité du festival, a détaillé le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc, au Palais des Festivals. "C'est bien tout Cannes qui fera l'objet d'une sécurisation de très haut niveau".

Imposantes jardinières en béton pour dissuader toute attaque au véhicule bélier, dix mois après l'attentat de Nice (86 morts), tireurs d'élite avec un oeil sur les lieux les plus sensibles, fouilles, dispositifs anti-drones : "notre objectif c'est d'être (...) le moins gênant possible. Pour que la fête reste la fête et la fête sera la fête", a précisé le chef de la police dans les Alpes-Maritimes, Patrick Mairesse.

La menace terroriste au plus haut en France n'a pas dissuadé les vedettes du cinéma, attendues en très grand nombre, s'est félicité le président du Festival Pierre Lescure : "jamais nous n'avons invité autant de stars internationales", notamment pour une soirée exceptionnelle qui doit célébrer la 70e édition, mardi.

La maîtresse de cérémonie Monica Bellucci, chargée d'animer la soirée d'ouverture, est déjà arrivée, lundi. Les membres du jury, présidé par le cinéaste espagnol Pedro Almodovar et qui réunit notamment l'actrice et réalisatrice française Agnès Jaoui, le réalisateur coréen Park Chan-Wook, l'acteur américain Will Smith ou encore l'actrice chinoise Fan BingBing, ont commencé aussi à gagner Cannes.

Ils doivent se retrouver à partir de 18H00 à l'hôtel Martinez, pour le traditionnel dîner du jury, prélude à un marathon cinématographique de 12 jours.

Autour du Palais des Festivals, à l'exception du tapis rouge, pas encore déroulé, les préparatifs touchaient à leur fin mardi. Des milliers de professionnels et d'amoureux du cinéma commençaient à affluer tandis que chasseurs d'autographes et de selfies ont installé leurs escabeaux au bas des marches.

Sur la façade, les affiches monumentales de la 70e édition, montrant une flamboyante Claudia Cardinale virevoltant sur un toit de Rome en 1959 - une photo retouchée qui a fait polémique.

- la riposte de Netflix -

Côté salles obscures, l'équipe des "Fantômes d'Ismaël" d'Arnaud Desplechin, avec Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg et Mathieu Amalric, doit ouvrir les festivités mercredi. "C'est un honneur", a confié à l'AFP Arnaud Desplechin, qui a souligné "être ému de pouvoir offrir ça aux acteurs".

D'autres stars, de Nicole Kidman - reine de Cannes cette année avec trois films et une série - à Colin Farrell, Isabelle Huppert ou Vincent Lindon sont également attendues.

Au total, 19 films seront en compétition pour la Palme d'or, dont quatre américains et quatre de cinéastes français, François Ozon ("L'amant double"), Jacques Doillon ("Rodin"), Robin Campillo ("120 battements par minute") et Michel Hazanavicius ("Le Redoutable").

Deux films, "The Meyerowitz stories" du cinéaste new-yorkais Noah Baumbach, avec Dustin Hoffman, et "Okja" de Bong Joon-Ho, avec Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal, en compétition, sont eux au coeur d'une polémique entre le festival et la plateforme de vidéo en ligne Netflix, qui a acquis les droits du film de l'Américain et produit celui du Sud-Coréen.

Alors que la règlementation française impose un délai de trois ans après la sortie en salles avant qu'un film soit disponible sur une plateforme, le géant américain a refusé de distribuer ces deux films dans les cinémas hexagonaux. Du coup, les organisateurs du Festival ont décidé de revoir le règlement pour 2018: tout film en compétition devra désormais s'engager à être distribué dans les cinémas français.

Netflix a riposté lundi en Corée du Sud, par la voix de son directeur des contenus Ted Sarandos, qui a appelé les festivals de cinéma à "changer", et Cannes à se conformer à sa mission première, "célébrer les arts".

Le syndicat la Guilde française des scénaristes a apporté mardi "un soutien sans faille" dans ce bras de fer au Festival. Tout en se félicitant que la polémique remette "sur la table deux dossiers qui agitent depuis longtemps le milieu du cinéma français : la chronologie des médias et la contribution des géants du Net" au financement de la création.

bur-slb-clr-fbe/fmi/elp