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16/05/2017 08:11 EDT | Actualisé 16/05/2017 08:20 EDT

Migrants: une commission parlementaire veut des policiers sur les navires d'ONG

Une commission parlementaire italienne ayant enquêté sur les ONG affrétant des navires de secours au large de la Libye a recommandé mardi que des policiers soient présents au moment de leurs opérations de sauvetage de migrants.

Pour mieux lutter contre les réseaux de passeurs, les enquêtes doivent débuter en mer, où "des preuves fondamentales peuvent être éliminées", a expliqué Nicola Latorre, président de la commission Défense du Sénat, lors de la présentation du rapport d'enquête.

Il arrive ainsi que des téléphones portables soient jetés à l'eau ou que des trafiquants viennent récupérer le moteur d'une embarcation vide, a évoqué ce sénateur de centre-gauche.

"Notre mandat est humanitaire et nous souhaitons maintenir une distinction claire, à bord de notre bateau, avec toute intervention militaire ou policière. C'est crucial pour notre indépendance", a répondu l'ONG SOS Méditerranée dans un communiqué.

Face à cette réticence exprimée par les ONG pendant les nombreuses auditions de la commission, M. Latorre a estimé que les policiers pouvaient se trouver simplement à côté des navires humanitaires, "sur des embarcations légères".

Dans son rapport approuvé à l'unanimité, la commission a aussi recommandé d'établir une procédure de certification pour toutes les ONG engagées, afin de garantir la transparence de leur financement.

La dizaine de navires d'ONG patrouillant au large de la Libye ont effectué 26% des secours en 2016 et 33% cette année, au côté de navires italiens, européens et commerciaux, selon les gardes-côtes italiens.

Dans ce contexte, la commission a aussi plaidé pour une solution diplomatique redistribuant la responsabilité des secours -- et de l'accueil des personnes secourues -- entre l'Italie, la Libye, Malte et la Tunisie.

Mais alors que l'Italie a vu débarquer plus de 500.000 migrants depuis trois ans et voit le flux grossir encore cette année, des déclarations controversées d'un magistrat et une surenchère politique alimentent depuis plusieurs semaines une polémique sur d'éventuels liens entre des ONG et des passeurs.

La présence des ONG n'est cependant pas une garantie pour les migrants: cette année, au moins 1.229 personnes ont trouvé la mort au large de la Libye selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), soit une pour 37 personnes secourues.

fcc/mdr