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15/05/2017 05:41 EDT

L'enquêteur Borduas défend sa décision d'obtenir le registre téléphonique de Lagacé

Radio-Canada

L'enquêteur Normand Borduas du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a défendu lundi sa décision de demander une ordonnance judiciaire afin d'obtenir un premier registre des appels entrants et sortants du chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé, lors de son témoignage devant la commission Chamberland.

Un texte de François Messier

M. Borduas a obtenu ce registre à l’hiver 2015, alors qu’il enquêtait sur un accès non autorisé au Système d'émission de constats informatisés (SÉCI) par plusieurs policiers afin d'obtenir copie d’une contravention qui avait été remise au maire Denis Coderre en 2012.

L’enquêteur a convenu qu’il avait rapidement réussi à identifier deux policiers qui avaient fait l’objet d’une dénonciation initiale après qu’ils eurent accédé au SÉCI au début du mois de décembre.

Il s’est ensuite avéré que la policière qui avait remis la contravention à M. Coderre à l'époque avait également imprimé une copie de la contravention à la même époque.

Dans ces deux événements, a précisé l’enquêteur Borduas, l’enquête tendait à démontrer que les copies de la contravention du maire étaient destinées à la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

L’affaire a pris une autre tournure lorsque M. Borduas a appris que la directrice des communications du maire Coderre, Catherine Maurice, avait reçu à la mi-janvier 2015 un message de Patrick Lagacé qui se demandait si cette contravention avait été payée.

L’enquête pour usage non autorisé d’un ordinateur s’est dès lors doublée d’une enquête pour abus de confiance, puisque des renseignements nominatifs s’étaient retrouvés dans les mains du chroniqueur, a expliqué M. Borduas.

Ces deux infractions sont « graves » en vertu du Code criminel, a poursuivi le policier, qui a qualifié d’« alarmant » le fait qu’un tiers soit en possession de renseignements nominatifs, et qu’il veuille s’en servir pour « nuire au maire ».

Or, s'il connaissait l'identité des trois personnes qui avaient obtenu la contravention, l'enquêteur Borduas a expliqué qu'il ne savait aucunement qui pouvait avoir transmis l'information à Patrick Lagacé. « Des suspects, il y en a plusieurs », a-t-il dit.

M. Borduas a donc décidé de demander une ordonnance judiciaire pour obtenir un registre de ses appels entrants et sortants entre le 3 et le 18 décembre 2014. L’ordonnance lui a été accordée à la fin du mois de janvier par la juge de paix magistrate Suzanne Bousquet.

Le registre téléphonique du chroniqueur s'est bel et bien « avéré utile », puisqu'il a permis d'identifier une « troisième partie d’intérêt pour l'enquête », qui communiquait avec les policiers visés et avec Patrick Lagacé, a dit l'enquêteur.

Le témoignage de Normand Borduas se poursuit en après-midi.

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