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14/05/2017 07:37 EDT | Actualisé 14/05/2017 09:29 EDT

France: le président Macron entre à l'Elysée

Le nouveau président français Emmanuel Macron, 39 ans, a promis de refonder l'Europe et rendre "confiance" aux Français, dimanche, dans son vibrant discours d'investiture au palais de l'Élysée.

Le pays a choisi "l'espoir et l'esprit de conquête", "je ne céderai sur rien des engagements pris", "j'aurais la volonté constante de réconcilier et rassembler", a promis avec gravité le plus jeune président de France qui succède au socialiste François Hollande.

"L'Europe dont nous avons besoin sera refondée et relancée car elle nous protège", a dit celui qui effectuera lundi son premier déplacement à l'étranger en se rendant à Berlin pour discuter avec la chancelière allemande Angela Merkel.

"Nous prendrons toutes nos responsabilités pour apporter chaque fois que ce sera nécessaire une réponse pertinente aux grandes crises contemporaines, qu'il s'agisse de la crise migratoire, du défi climatique, des dérives autoritaires, des excès du capitalisme mondial et bien sûr du terrorisme", a-t-il assuré.

"Une nouvelle page s'ouvre pour la #France, un nouvel élan pour l'Europe", a salué le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur son compte Twitter.

C'est au cours d'une cérémonie très solennelle et protocolaire à l'Élysée que le jeune centriste pro-européen a pris ses fonctions officielles, devant des centaines d'invités.

Son épouse Brigitte, 64 ans, radieuse et souriante dans une robe bleu lavande, a posé main dans la main avec lui sur le perron du palais présidentiel avant d'assister, très émue, à son discours solennel. Le couple atypique a focalisé l'attention du monde entier du fait des 24 ans qui les séparent.

'Mieux protégés'

Après sa victoire face à l'extrême droite, cet homme qui a conquis le pouvoir sur un programme "ni de droite, ni de gauche", sans aucune expérience électorale et sans parti politique structuré, a promis de réformer "profondément la vie politique", dans un pays très divisé, en proie à un chômage endémique (10%) et toujours sous état d'urgence du fait des menaces terroristes.

"Les Françaises et les Français qui se sentent oubliés par ce vaste mouvement du monde devront se voir mieux protégés", a-t-il aussi affirmé dimanche.

Pour gouverner et mettre en oeuvre son programme libéral social, l'ancien banquier d'affaires et ancien ministre de l'Économie a besoin que son jeune mouvement remporte la majorité aux élections législatives des 11 et 18 juin, pari difficile.

"Rien ne sera concédé à la facilité ni au compromis. Rien n'affaiblira ma détermination", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons plus nous réfugier derrière des usages ou des habitudes parfois hors du temps".

Sa volonté de rassemblement est apparue dans l'éloge rendu à tous ses prédécesseurs, de gauche et de droite, depuis le général Charles de Gaulle jusqu'à François Hollande "précurseur, avec l'accord de Paris sur le climat, et protégeant les Français dans un monde frappé par le terrorisme", en passant par Nicolas Sarkozy "ne comptant pas son énergie pour résoudre la crise financière".

Sa victoire à la présidentielle, le 7 mai, a bouleversé le paysage politique français, au terme d'une campagne électorale à rebondissements, marquée par le score historique de l'extrême droite, l'élimination tout aussi historique des partis traditionnels, droite et gauche, et les profondes fractures d'un pays divisé entre perdants et gagnants de la mondialisation.

Véhicule militaire

Après une salve de 21 coups de canon, le nouveau chef de l'Etat a quitté l'Élysée pour remonter, juché sur un véhicule militaire, l'avenue des Champs-Élysées entre deux averses, saluant les spectateurs présents en rangs clairsemés.

Il a terminé le trajet à pied jusqu'à l'Arc de Triomphe où il a déposé une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu - qui représente tous les soldats tués au cours de la Première guerre mondiale - avant de prendre un bain de foule.

Le nouveau président doit encore désigner son Premier ministre, sans doute lundi, selon le calendrier évoqué par son entourage, avant de former son gouvernement, premier test de sa capacité à rassembler.

Signe de sa volonté de relancer l'axe franco-allemand, Emmanuel Macron a choisi comme conseiller diplomatique l'actuel ambassadeur de France en Allemagne, Philippe Etienne, 61 ans.

Après un mandat marqué par une impopularité record, François Hollande, 62 ans, a assuré dimanche qu'il laissait "la France dans un état bien meilleur que celui qu'(il a) trouvé", au départ de son prédécesseur de droite, Nicolas Sarkozy, en 2012.

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