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11/05/2017 02:30 EDT | Actualisé 11/05/2017 02:40 EDT

Yémen: des sudistes opposés au président créent une autorité parallèle

Des responsables yéménites entrés en opposition au président Abd Rabbo Mansour Hadi ont annoncé jeudi la création d'une autorité parallèle appelée à administrer le sud du pays.

L'ancien gouverneur d'Aden, Aidarous al-Zoubaidi, limogé fin avril par le président Hadi, a annoncé la mise en place d'un Conseil de transition du sud, placé sous sa présidence pour "diriger les provinces du sud et les représenter à l'intérieur et à l'extérieur" du pays.

Ce conseil est doté d'une présidence de 26 membres, dont les gouverneurs de cinq provinces du sud et deux ministres du cabinet de M. Hadi, a ajouté M. Zoubaidi dans un communiqué.

M. Hadi et son gouvernement n'ont pas encore réagi à cette initiative qui, estime-t-on dans les milieux politiques yéménites, affaiblit encore l'autorité du président, actuellement exilé en Arabie saoudite après une courte installation à Aden, la grande ville du sud qu'il avait déclarée "capitale provisoire" du pays.

M. Zoubaidi avait été démis de ses fonctions par le chef de l'Etat en même temps que le ministre d'Etat Hani ben Brik, une autre figure du Mouvement sudiste, un groupe séparatiste.

Ces limogeages avaient provoqué de vives réactions dans le sud du Yémen où des milliers de protestataires, sortis le 4 mai dans les rues d'Aden, ont ouvertement contesté l'autorité de M. Hadi. Ils ont appelé M. Zoubaidi à former une direction politique pour "représenter le sud", qui jusqu'au 1990 constituait un Etat indépendant.

Ce développement intervient alors que les forces loyalistes, soutenues par une coalition militaire arabe conduite par l'Arabie saoudite, peinent à venir à bout des rebelles Houthis et leurs alliés, qui contrôlent la capitale Sanaa et de larges parties du territoire yéménite.

Selon le communiqué, le Conseil de transition s'engage à "poursuivre le partenariat avec la coalition (arabe) dans le sud pour faire face à l'Iran", accusé de soutenir les rebelles Houthis, et à maintenir "le partenariat avec la communauté internationale dans la lutte antiterroriste".

Al-Qaïda et le groupe Etat islamique restent actifs dans le sud et le sud-est du Yémen malgré de vastes campagnes de la coalition et des multiples attaques de drone menées par les Etats-Unis contre les jihadistes des deux groupes.

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