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11/05/2017 06:00 EDT | Actualisé 11/05/2017 06:20 EDT

Yémen: des responsables sudistes se rebiffent, le médiateur de l'ONU de retour

Des responsables yéménites, en conflit avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi, ont annoncé jeudi la création d'une autorité parallèle appelée à administrer le sud du pays en guerre.

Cette initiative séparatiste coïncide avec un entretien que M. Hadi a eu en Arabie saoudite avec le médiateur de l'ONU pour le Yémen, qui souhaite relancer le processus de paix, au point mort depuis août.

L'ancien gouverneur d'Aden, Aidarous al-Zoubaidi, limogé fin avril par le président Hadi, a annoncé la mise en place d'un "Conseil de transition du sud", placé sous sa présidence pour "diriger les provinces du sud et les représenter à l'intérieur et à l'extérieur" du pays.

Il est doté d'une présidence de 26 membres, dont les gouverneurs de cinq provinces du sud et deux ministres du cabinet de M. Hadi, a ajouté M. Zoubaidi dans un communiqué.

M. Hadi et son gouvernement n'ont pas encore réagi à ce coup d'éclat qui, estime-t-on dans les milieux politiques yéménites, affaiblit encore l'autorité du président, actuellement exilé en Arabie saoudite après une brève installation à Aden.

La grande ville du sud du pays a été déclarée "capitale provisoire" du pays, les rebelles Houthis occupant la capitale Sanaa.

M. Zoubaidi avait été démis de ses fonctions par le chef de l'Etat en même temps que le ministre d'Etat Hani ben Brik, autre figure du Mouvement sudiste, un groupe séparatiste.

Ces limogeages ont provoqué de vives réactions dans le sud du Yémen où des milliers de protestataires, sortis le 4 mai dans les rues d'Aden, ont ouvertement contesté l'autorité de M. Hadi.

Ils avaient appelé M. Zoubaidi à former une direction politique pour "représenter le sud" qui, jusqu'à 1990, constituait un Etat indépendant.

Ces développements interviennent alors que les forces loyalistes, soutenues par une coalition militaire arabe conduite par Ryad, peinent à venir à bout des rebelles Houthis et leurs alliés, qui contrôlent de vastes pans du territoire yéménite.

Selon le communiqué, le Conseil de transition s'engage à "poursuivre le partenariat avec la coalition (arabe) dans le sud pour faire face à l'Iran" et à maintenir "le partenariat avec la communauté internationale dans la lutte antiterroriste", en allusion à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, fortement implantés dans le sud.

Lors de son entretien avec M. Hadi, le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, cité par l'agence gouvernementale Saba, s'est dit inquiet devant la crise humanitaire au Yémen, menacé par la famine et une résurgence du choléra.

- 44 morts dans des combats -

Sur le terrain, au moins 28 rebelles et 16 soldats ont été tués en 24 heures dans des combats dans la province de Taëz (sud-ouest), de Chabwa (sud) et de Hajja (nord-ouest), selon des sources militaires.

Dans cette dernière province, les forces loyalistes ont perdu dix hommes mercredi soir autour du port de Midi, sur la mer Rouge, près de la frontière saoudienne, et ont dû reculer de deux kilomètres, ont indiqué ces sources.

Des forces soudanaises participant à la coalition arabe ont été envoyées en renfort dans ce secteur, selon les mêmes sources.

Depuis l'intervention de la coalition arabe dans le conflit en mars 2015, environ 8.000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées, 44.500 blessées et quelque 3 millions déplacées.

Toutes les médiations de l'ONU et sept accords de cessez-le-feu ont échoué.

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